Tunisie : faut-il tolérer et accepter la pollution rampante de l’espace public ?

A Bizerte, et assurément dans d’autres cités de la région, la beauté du cadre de vie est devenue un vain mot.

Passons les immondices amoncelées aux quatre coins de la ville et dans des endroits à la limite du sacré. Taisons les déprédations des monuments et des édifices, fermons les yeux sur la prolifération des bêtes errantes qui sont en passe d’élire domicile sur les lieux publics. De tels spectacles sont devenus coutumiers d’une population étrangement détachée et indifférente.
A ces manifestations déviantes, s’ajoutent les résultats d’un comportement totalement inconscient de citoyens qui font du respect dû à la cité et aux citoyens une notion mineure et négligeable. L’affichage anarchique est de ce fait devenu une conduite banale. Lors de vos déambulations dans les rues des villes, votre vue est agressée par les innombrables affiches, prospectus, écriteaux, panneaux, posters, placards collés inextricablement, sans égard aucun aux réglementations en vigueur, jetées aux oubliettes, ni aux règles les plus élémentaires de l’esthétique urbaine. Cela fait sourire, je sais.
Depuis un certain temps, en fait depuis la révolution, une bande nouvelle appelée Ultra Marines 2005 qui se décline également sous l’appellation de « UM 05 », qui a réussi à faire quelques bandes émules sous le pseudo de Big Boss…sévit dans la ville de Bizerte. Les méfaits de ses membres sont justifiés par la liberté recouvrée de dire et de faire ce que bon leur semble. Leurs inconduites n’épargnent aucun bien public ou privé. Aucun mur, aucune porte ; bancs publics, panneaux de signalisation, tronc d’arbres, trottoirs, sols, enceintes et clôtures. Ils ne laissent rien où leur bombe aérosol ne passe et repasse. Les tags et graffitis sont souvent assortis de slogans menaçants du genre « gare à la colère des Ultras », « le jour où les Ultras s’éveilleront… »,ou encore « lutter contre les Ultras est une entreprise vaine »….il va sans dire que ces forfaitures sont signées et que l’on connaît parfaitement leurs auteurs, puisque de larges banderoles dénoncent leur présence tout aussi menaçante dans les virages du stade du 15 octobre.
La question est maintenant de savoir si les autorités ont l’intention d’arrêter les actes coupables de cette bande qui les défie et qui défie toute la communauté. Ou vont-elles nous servir l’argument des « gens au-dessus de la loi », impossibles à arrêter ? ou ferme-t-on sciemment les yeux pour laisser aux prochaines autorités municipales la mission de traiter ce problème ?
Quelle que soit la motivation, la population est tenue de supporter un phénomène supplémentaire qui accroît leur indisposition et leur mal-être.

M. BELLAKHAL