Tunisie-Du discours électoral : crédibilité et faux-semblant

Sur fond d’infractions désinvoltes et cyniques aux règlements régissant la campagne électorale, les candidats pour les prochaines législatives semblent avoir enfin réalisé que la campagne électorale avait officiellement débuté.

Après les premiers balbutiements et hésitations, ils prennent le taureau par les cornes et se résolvent à enfin « aller au-devant du citoyen » lui présenter des programmes qui, selon notre humble avis, apparaissent comme une copie conforme l’un de l’autre. En effet, à l’examen même rapide de la teneur des différents « programmes » des partis et la pléthore d’autres mouvements affriolés davantage par les promesses d’un statut privilégié que par « l’intérêt réel de leurs compatriotes, force est de relever la similitude entre leurs contenus, l’analogie des promesses de lendemains meilleurs que ces programmes font miroiter. Les propos d’un professeur de sociologie appelé à analyser les programmes électoraux sont à cet égard significatifs et pertinents qui assure que les partis, aussi bien les conservateurs que ceux qui se déclarent modernistes, manquent cruellement de créativité et d’imagination dans la conception d’un programme convaincant et crédible. Ce qui s’apparente, en fin de compte, à de la démagogie purement médiatico-politicienne et somme toute populiste.
En fait, tout le monde a la désagréable impression d’écouter un discours déjà entendu, dans la plus pure des traditions propagandistes novembristes. Un discours qui n’a plus de prise, du moins sur les esprits sensés et avertis.
Bref, stoïquement et sans vraiment sembler y croire eux-mêmes, les candidats se sont pliés aux contraintes de la campagne et chacun, selon les moyens dont il dispose, est allé « dans les quartiers populaires sensibles », dans les zones dites défavorisées, à une chasse de quelques voix improbables, avec la conviction en moins.
Nos politiciens, avec toute la charge connotative péjorative que contient ce vocable, auront réussi, en fait, à dégoûter la majorité de leurs concitoyens d’une chose qui s’appelle politique, à les détourner des véritables intérêts du pays, à les démobiliser, à les déconcentrer.
C’est là au moins un pari tenu et réussi, à défaut de pouvoir réaliser les promesses électoralistes dont on sait qu’elles sont aussi fallacieuses qu’irréalistes, aussi illusoires que populistes, parfois d’un caractère carrément farfelu et excentrique.

M. BELLAKHAL