Israël à la commission spéciale de l’ONU sur la décolonisation !

Les arcanes de la politique sont décidément d’une insondable absurdité et d’une incompréhensible ineptie.

Alors qu’Israël est brocardé pour sa politique expansionniste et pour ses pratiques d’une agressivité exacerbée accompagnées de leur lot de destructivité. Alors que par tous il est condamné en tant que pays envahisseur, la nouvelle est tombée du côté des Nations Unies apprenant au monde surpris que l’Etat sioniste a été « désigné à la vice-présidence de la Commission spéciale [de l’ONU] sur la décolonisation ». Si, si ! sans rire ! Selon les procès-verbaux, cette « nation », la dernière au monde à continuer à implanter des colonies, a obtenu 74 voix favorables, malgré, dit-on, une véhémente opposition de la part du Groupe arabe des Etats membres de l’ONU. Cet Etat qui, sans état d’âme viole avec obscénité la charte des Nations Unies ainsi que les lois internationales, venait d’obtenir une « récompense », synonyme d’encouragement on ne peut plus explicite à ses politiques illégales. Israël, comme l’a relevé le Qatar (tiens, donc !) « n’est nullement qualifié pour présider à des questions relatives aux réfugiés palestiniens, au maintien de la paix, aux enquêtes sur ses propres pratiques illégales. » Du fait, l’on se serait douté, de son palmarès entaché de sang et que son occupation dure depuis plus de 66 ans.
C’est le Groupe des Etats d’Europe occidentale, avec la Grande-Bretagne comme chef de file, qui a sélectionné l’Etat sioniste à ce poste, confirmant le lien indéfectible qui lie ces pays et le soutien inconditionnel qu’ils accordent à l’occupant usurpateur. Il est presque certain que ces pays, soutiens d’Israël, ont pu se baser dans leur démarche sur le précédent de l’Arabie Saoudite désignée au Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU et dont la participation à cette instance, quoique calculée, a suscité bien des critiques.
Alors que se jouait, le 18 juin dernier, cette piètre et absurde pièce théâtrale à New York, les forces d’occupation israéliennes ne se faisaient pas violence en multipliant les démolitions de maisons palestiniennes afin de faire de la place pour des implantations de colonies. Et la désignation d’Israël venait quelques semaines après qu’il a annoncé une nouvelle expansion massive et illégale en Cisjordanie occupée.
Ceux qui l’ont visionné, doivent encore avoir à l’esprit ces images terribles du reportage de Silvia Boarini montrant le nettoyage ethnique par Israël des Bédouins palestiniens dans le sud du Negueb. Epuration ethnique qui a lieu en même temps que les attaques contre les villes de Cisjordanie, prétendument pour rechercher les trois colons disparus.
Jusqu’à présent, Israël a enlevé plus de 300 Palestiniens, a effectué des raids dans 750 maisons. Mais, au fait, et entre autres attributions, Israël, es-qualité, n’aurait-il pas à traiter de questions relatives aux réfugiés palestiniens ? Et en désignant l’Etat sioniste à cette charge, les Nations Unis n’avouent-elles pas, d’une manière flagrante leur incapacité de protéger les droits du peuple palestinien ? Leur incapacité d’oser demander des comptes à Israël à propos de ses violations de ces mêmes droits ?
C’est affirmatif et ce ne sont pas les grotesques gesticulations des pays arabes qui pourraient changer la donne. Car, quand on s’engage aux côtés d’une cause, on prend les pays occidentaux comme modèle dans leur soutien efficace à leur « enfant chéri ».
Ni le Qatar, ni l’Arabie Saoudite ni aucun pays arabe ne peuvent convaincre quiconque de leur moindre aptitude à infléchir le cours des choses.

M. BELLAKHAL