Tunisie : fête de fin d’année haute en couleurs au centre d’éducation des handicapés de Ras-Jebel

Ce fut une après-midi empreinte d’une profonde émotion. A la terrasse du Centre de réhabilitation, de formation et d’éducation des handicapés de Ras-Jebel, vase espace immaculé, accueillant et fleuri, une bonne soixantaine de « pensionnaires aux besoins spécifiques» et leurs familles s’étaient groupés pour la fête de fin d’année.

Pour ces enfants et pour leurs familles, pour l’équipe de formation et d’éducation, cette fête se doit d’être aussi marquante, si ce n’est davantage, que celles organisées pour les mêmes buts dans les autres établissements. Rien ne doit laisser penser que cette fête-ci est, de par la nature des enfants ciblés, plus distinctive que d’autres. Comme leurs camarades, peut-être même plus que leurs camarades dits spécieusement « normaux », ces enfants ont, sans relâche, œuvré pour prouver leur aptitude à la créativité, leur capacité à produire. Ils sont là, aujourd’hui, pour cueillir les fruits de leur dur labeur cherchant à lire dans les yeux de leurs éducatrices la lueur de l’espoir et dans le regard de leurs parents les promesses d’un avenir possible.
Toute cette attachante et sympathique famille attendrissante jusqu’aux larmes a chanté à l’unisson, dansé pour son plaisir propre et celui d’une assistance émue jusqu’aux larmes et qui ne faisait pas comme si. Des enfants dont l’âge variait de six à vingt ans ont entonné des hymnes de patriotisme exalté, de foi ardente et sincère, mais également et surtout des chants populaires, folkloriques et d’enfants. Bref, ils se sont amusés comme des fous, entraînant dans leur enthousiasme une vieille garde qui a fini par se départir de son sérieux pour plonger dans l’atmosphère chaude et chauffée de ces inoubliables instants de bonheur partagé.
L’assistance, précisément, parlons-en ! Composée tout d’abord des membres du Lions Club de Tunis doyen, auquel on doit en grande partie le fait que ces jeunes, venus des localités des deux délégations de Ras-Jebel et de Ghar-El-Melh, puissent aujourd’hui disposer de l’un des plus beaux et des plus fonctionnels centre du pays. En effet, cet organisme a contribué à la création de ce centre en lui collectant fonds et équipements. Il y avait également des philanthropes (eh oui, ils existent, plus nombreux qu’on ne pense !) et qui, aujourd’hui que toute association est tenue de compter sur ses propres moyens pour subsister, n’hésitent pas à tendre une main secourable. Ces donateurs ont été une bénédiction, ayant procuré au centre l’essentiel de ses dépenses. Nous n’omettrons pas cet aréopage de personnalités émérites, universitaires, médecins, hommes d’affaires venus essentiellement signifier leur soutien à cette catégorie si attachante de la population laquelle, soutenue par des esprits altruistes, commence à faire de grands pas dans la voie de la réhabilitation et de l’intégration.
Mais le grand coup de chapeau est à adresser, incontestablement, au cadre administratif et éducatif, dirigé de main de maître par Yacina Nacef, forte de nombreuses années d’expérience dans le domaine de l’éducation des handicapés. Au comité directeur, présidé par Brahim Nacef, également pour la constance qu’il montre dans la gestion d’un centre devenu pilote et exemplaire autant dans l’encadrement des handicapés que dans la saine gestion de ses affaires. Un salut est à adresser, par ailleurs à tous ceux qui, forts des résultats du centre ont pris la résolution de le soutenir contre vents et marées.

M. BELLAKHAL