Tunisie : la proposition d’Ennahdha «surréaliste», selon H.Hammami

Dans un article consacré à la proposition d’Ennahdha, relative à un choix consensuel d’un candidat à la présidence de la République, le quotidien algérien d’informations « Liberté » a relevé l’ampleur de la levée de boucliers qu’une telle initiative avait provoquée.

De Nidaa Tounès de Béji Caïd Essebsi à Al Joumhouri de Ahmed Néjib Chebbi en passant par le Front populaire de Hamma Hammami, tous les principaux partis sont tous montés en épingle pour rejeter la proposition de Rached Ghannouchi. Ils y voient, explique l’auteur de l’article, une nouvelle tentative destinée à manipuler autant les partis que l’opinion publique. Une telle proposition de Ghannouchi ne serait qu’une volonté sous-jacente d’instaurer une nouvelle dictature, analyse-t-on. Sans compter qu’elle priverait, sans aucun doute, le peuple d’exercer son droit constitutionnel de choisir son propre dirigeant.
C’est également, ajoute l’article, la position partagée des « alliés » d’Ennahdha, en l’occurrence Ettakattol et le CPR qui considèrent que cet appel d’Ennahdha est « contraire aux principes démocratiques tels que mentionnés dans la Constitution » (Ettakattol), outre le fait qu’il « confisque le droit des Tunisiens à faire librement leur choix » (CPR).
Pour Al Joumhouri, si cette proposition arrivait à être adoptée, elle limiterait le champ d’action du futur président qui serait à la merci des partis politiques et leur otage. L’auteur se demande, cependant, à quel jeu s’adonne M. Chebbi et son parti quand on sait qu’ils n’ont pas cessé de faire des appels du pied au parti islamiste pour gagner ses faveurs.
Quant à la gauche, la proposition est tout simplement « surréaliste » et n’est qu’une « opération de séduction » adressée à d’éventuels candidats, abstraction faite de l’intérêt du pays.

M. BELLAKHAL