Tunisie : «Slam à l’école», ou de l’art des élèves d’exprimer leurs sentiments (vidéo)

Une quarantaine d’enfants des écoles de Bizerte, en l’occurrence Bougatfa 2, les « Sœurs », Hédi Chaker, la Cité Hached de Bizerte ont organisé une manifestation culturelle intitulée « Slam à l’école », à laquelle ont été conviés parents d’élèves et responsables du secteur de l’éducation.

Deux heures durant de cet après-midi du jeudi 29 mai, des écoliers enthousiastes et profondément motivés ont donné le meilleur d’eux-mêmes, rivalisant de brio, de talent et de virtuosité. D’abord par l’aisance de leur évolution sur la scène et leur interprétation des poèmes qu’ils avaient, sous la supervision de leurs enseignantes, personnellement composés. L’on aurait juré que ces « Petits Grands », tels qu’ils s’étaient nommés sur une de leurs pages Facebook, avaient fait cela toute leur vie. Mais ce qui avait surpris l’assistance et les observateurs c’était la teneur des « Slams » présentés. L’on assistait à des enfants profondément sensibilisés aux problèmes de leur époque et de leur cité et de leur environnement social : l’environnement, la paix, l’amitié, la liberté, la lecture, la nature, la violence, etc…sont quelques-uns des thèmes « creusés », « interrogés » par ces petits.
Mme. Fatma Bellakhal, enseignante qui s’est investie corps et âme dans cette entreprise, a traduit l’incroyable engagement des enfants dans cette activité dont elle juge « positives les retombées sur la formation intellectuelle des enfants », insistant sur les énormes potentialités des tout-petits à « avoir une idée sur tout et à vouloir l’exprimer ». L’enseignante a justifié le choix du « slam » comme moyen d’expression par la liberté et l’absence de contraintes que ce genre qualifié « d’art oratoire » offre à des enfants désireux d’exprimer, dans une langue simple et abordable par leurs pairs, de valeurs qu’ils voient s’estomper devant leurs yeux innocents, outre le fait qu’il constitue un concours de déclamation de textes poétiques dont ils sont les propres auteurs.
Nous ne saurons, ici, occulter les moyens et efforts consentis par toute l’équipe pédagogique, inspectrice en tête, pour garantir le succès d’une telle manifestation dont on attend légitimement qu’elle soit soutenue et poursuivie.

M. BELLAKHAL