Tunisie : quels moyens d’éradiquer le commerce parallèle ?

Lors d’une séance de travail tenue au siège du gouvernorat de Bizerte, un sujet d’une acuité renouvelée a été abordé et examiné dans tous ses aspects sociaux, économiques et humains.

Il s’agit de la propagation incontrôlable et toujours incontrôlée du commerce parallèle à travers toutes les régions et villes du pays. Ont également été discutés les mesures et moyens susceptibles de s’opposer « efficacement » à ce phénomène et de l’éradiquer. Tout simplement ! Vaste programme, en fait, et entreprise quasiment insurmontable. Pourtant, les Bizertins fondaient quelque espoir fondé sur la volonté affichée des responsables de lutter avec « l’acharnement requis » contre des pratiques dommageables à l’économie nationale, à l’environnement. Et la présence tant du président de l’UTICA Bizerte que celui du directeur régional du commerce laissait penser qu’on allait sortir avec des mesures pratiques pour empêcher une recrudescence de ce phénomène ou à tout le mois en limiter les effets pernicieux. Mais nous en avons été pour nos frais. La réunion s’est terminée sur des conclusions qui rappellent, à s’y méprendre, celles d’une époque récente caractérisée par ce qu’il est convenu d’appeler langue de bois.
Il est impératif, a-t-on convenu, de réviser les textes législatifs organisant le secteur du commerce et de promulguer des lois incriminant les transgresseurs. L’on s’en serait douté ! dirait-on. Et les autorités concernées sont également appelées à « doubler d’efforts afin de lutter contre la contrebande, phénomène devenu international, contribuant à l’alimentation essentielle du commerce parallèle. Ce dernier menace actuellement d’envahir les circuits de distribution organisés. »
Le président de l’UTICA a indiqué pour sa part que les commerçants bizertins « légitimes » se plaignent de la prolifération du commerce parallèle qui représente, a-t-il dit, une menace pour leurs sources de revenus.
Une réunion intéressante à plus d’un titre. Cependant, l’on s’attendait à la prise de mesures concrètes, à un moment où, du côté du souk de la gare, la grogne monte dans les milieux des commerçants dits illégaux, face à l’agonie de leurs activités.

M. BELLAKHAL