Tunisie : pour Kamel Jendoubi, l’avenir est incertain

Dans un entretien fait au quotidien algérien d’expression française Al Watan, Kamel Jendoubi, ancien président d’ l’ISIE, donne ses impressions sur la situation politique en Tunisie dans le contexte de la commémoration du 2ème anniversaire des premières élections libres et démocratiques du pays.

Outre la fierté qu’il dit éprouver « d’avoir été au centre de l’action pendant la révolution », M. Jendoubi n’en exprime pas moins ses doutes suite à l’échec, selon ses propres paroles, du processus de transition démocratique. Après l’espoir suscité par la révolution du 14 janvier 2011 puis la concrétisation de cet espoir par des élections démocratiques et transparentes, le bilan nul des deux dernières années pose de grandes interrogations quant à l’avenir du pays, a-t-il indiqué.
Interrogé sur son passage à la tête de l’ISIE, M. Jendoubi a déclaré que cette expérience aurait dû servir de base pour l’édification d’une conception électorale démocratique, après renforcement de ses points forts et rectification de ses défauts. La nouvelle ISIE devra prendre le relais de son ancêtre : « Hélas, ma voix n’a pas été entendue et la nouvelle loi comporte des défaillances qui pourront avoir de fâcheuses conséquences sur l’indépendance de l’instance, et notamment sur la crédibilité des élections ».
Pour ce qui est de la transition démocratique en Tunisie, M. Jendoubi a émis des doutes sérieux quant à ce processus, citant pour arguments l’installation de l’assassinat politique et le terrorisme, dangers auxquels font face les hésitations, le laxisme, voire l’indifférence, des instances officielles. Il dénonce également la politique des deux poids deux mesures qui sous-tend les prises de position gouvernementales dans des cas de la liberté d’expression mais également cette volonté « d’inscrire dans la nouvelle Constitution des lois et dispositions antidémocratiques. Oui, l’avenir de la Tunisie est incertain, mais le peuple saura imposer la démocratie ».

M.BELLAKHAL