Tunisie : l’enquête de Jeune Afrique sur le jihad du Nikah

« Jihad du sexe, fantasmes et réalité » tel est le titre d’une enquête réalisée par Jeune Afrique. L’enquête, en kiosques du 6 au 12 octobre, fait le point sur ce que l’on sait vraiment d’une affaire sujette à toutes les manipulations.

Selon Jeune Afrique, le chiffre des Tunisiennes ayant rejoint les rangs des insurgés syriens, notamment ceux des djihadistes de Jabhat-al-Nosra, reste difficilement vérifiable. Mais l’ONU en a officiellement recensé 3 000, et il est avéré que 1 900 d’entre elles ont péri dans les combats contre l’armée de Bachar al-Assad.
Plusieurs associations soutiennent que parmi ces recrues, de très jeunes tunisiennes, manipulées par des salafistes, ont été envoyées accomplir le djihad du Nikah ou « jihad du sexe », qui vise à satisfaire les besoins sexuels des combattants via de multiples mariages « temporaires ». Une centaine seraient revenues au pays, enceintes ou malades pour la plupart.
L’ampleur du phénomène est difficilement vérifiable. Celui-ci avait été reconnu officiellement, le 19 septembre, par le ministre de l’Intérieur Lotfi Ben Jeddou. Ce dernier avait affirmé que l’État avait empêché 6 000 Tunisiens de rejoindre la Syrie. Quelques jours plus tard, il était revenu sur ses déclarations, minimisant le phénomène.
La polémique enfle : l’ampleur du djihad du sexe divise les commentateurs ; certains allant jusqu’à nier l’existence même du phénomène, sur le simple soupçon qu’il serait l’invention d’une campagne de discrédit menée contre l’opposition syrienne.

D.M