Tunisie : l’option gaz de schiste est-elle prise ?

Tout le monde se souvient de l’affaire du gaz de schiste qui a dérayé la chronique en Tunisie, en septembre 2012, lorsque le gouvernement a octroyé un permis d’exploration au groupe Shell.

La levée de bouclier, à l’époque, semble avoir fait reculer le gouvernement, malgré le plaidoyer du ministre de l’Industrie de l’époque Mohamed Lamine Chakhari qui affirmait à celui qui voulait l’entendre que la fracturation hydraulique n’était pas dangereuse dans tous les cas.
Au mois de mai 2013, le Chef du gouvernement, Ali Laarayedh, relance le débat à l’occasion d’un colloque sur le déficit énergétique. « Nous intensifierons, a-t-il déclaré, notre programme de recherche et d’exploration (de gaz de schiste, NDLR), renforcerons la maîtrise de la consommation de l’énergie et mettrons en place les mesures nécessaires pour réduire ce déficit énergétique qui pénalise près di dixième de notre budget ».
M. Laarayedh justifiait ce positionnement par la nécessité de contrer un déficit miné par les compensations (2,7 milliards DT). Il ouvrait alors la porte aux investisseurs étrangers susceptibles d’importer la technologie nécessaire.
Cette position n’a point suscité la moindre polémique ni réaction d’aucune sorte, l’opinion étant accaparée par la crise politique. Par ailleurs, les chiffres alarmistes de l’économie ainsi que l’abaissement des notes souveraines du pays pourraient servir d’argument pour la poursuite de cette option, en toute discrétion, bien sûr, jusqu’au fait accompli.

M.BELLAKHAL