Tunisie : le MEF se penche sur la problématique de l’emploi au Maghreb

Economic_Forum.jpgLe Maghreb Economic Forum (MEF), organisation non gouvernementale œuvrant notamment en faveur de l’intégration régionale, a organisé les 31 janvier et 1er février à Tunis une grande table ronde sur le thème « Le Maghreb : un moteur pour la création d’emplois ? ».

Cet événement a été marqué par la participation de nombreux experts, universitaires et hommes d’affaires tunisiens, maghrébins et internationaux. L’objectif de cette rencontre était de se pencher sur la question des gains potentiels de l’intégration économique maghrébine en termes de création d’emplois.
Le premier panel portait sur les « Enjeux et obstacles de l’intégration maghrébine ». Présidé par M. Mustapha Kamel Nabli, ancien gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie, ce panel a été marqué par les interventions de M. Arlsan Chikhaoui (Nord-Sud Venture, Algérie), de M. Hakim Ben Hamouda (Banque Africaine de Développement) et de M. Mustafa Abushagur (ancien Vice-Premier ministre du gouvernement intérimaire, Libye).
Il a ensuite été question de « L’intégration comme vecteur d’attractivité des IDE dans le Maghreb. » Ce panel, présidé par Mme Wided Bouchamaoui, présidente de l’UTICA, a vu la participation de M. Jaime de Melo (Université de Genève), de M. Mohamed Wefati (Libya Development Policy Center, Libye) et de M. Sami Zaoui (Ernst & Young).
Quant au 3e panel, il avait pour titre « Intégration maghrébine : danger pour l’emploi ? » Présidé par M. Jaime de Melo (Université de Genève), il a enregistré la participation de Mme Marva Corley-Coulibaly (OIT, Genève), de M. Abdessalem Nagazi (Organisation maghrébine des études et développement des ressources humaines, Tunisie) et de M. Marouane Abassi (The World Bank, Libye).
« Les services à l’export : un gisement d’emplois inestimables pour la région » a constitué le thème des débats lors du 4e panel au cours duquel ont participé notamment M. Habib Fekih (Airbus Middle East), M. Badreddine Ouali (Vermeg), M. Fadhel Abdelkafi (Tunisie Valeurs) ou encore M. Nizar Jouini (BAD).
La table ronde s’est achevée avec un dernier panel intitulé « Intégration maghrébine et flux migratoires : implications en termes de créations d’emplois » et présidé par Mme Karima Bounemra (Nations-Unies).
Les travaux avaient été ouverts par M. Kamel Lazaar, président-fondateur du Maghreb Economic Forum, qui a expliqué les objectifs de la table ronde ainsi que les différentes pistes de réflexions proposées. Il a par ailleurs annoncé la tenue d’un colloque international en juillet 2013 dont l’ambition sera d’apporter des réponses et des solutions concrètes à la problématique des gains de l’intégration économique en termes de création d’emplois.
Note conceptuelle
De la Libye à la Mauritanie, le Maghreb est aujourd’hui une région riche de plus de 85 millions d’habitants, dotée de ressources naturelles abondantes, se distinguant par une complémentarité en termes de main d’œuvre et jouissant d’une histoire et d’une culture communes de nature à rapprocher ses peuples. Le Maghreb est aussi une région qui se caractérise par une croissance économique, certes soutenue mais modeste, une forte pression démographique, un taux de chômage particulièrement élevé (supérieur à la moyenne mondiale et touchant essentiellement les jeunes diplômés et les femmes), des IDE insuffisants vers la région, des taux d’analphabétisation et de pauvreté particulièrement importants. Les pays du Maghreb se sont tous engagés, individuellement et à des degrés différents, dans des accords commerciaux bilatéraux et/ou régionaux: PAFTA1 pour la Tunisie, le Maroc et la Libye depuis 1997, zone de libre-échange avec l’Union Européenne pour la Tunisie (1995), le Maroc (1996) et l’Algérie (2002), accords d’Agadir en 2007 entre la Tunisie, le Maroc, la Jordanie et l’Egypte, etc.
L’Union du Maghreb Arabe (UMA), signée en 1989 dans le cadre du Traité de Marrakech dans le but de développer les relations commerciales entre les cinq pays maghrébins, de favoriser la libre circulation des hommes et d’élaborer des politiques communes sur les plans économique et social, n’a pas réellement pris forme et n’a donc pas eu les effets escomptés. Les échanges intra-Maghreb représentent à peine 3% du PIB régional en 2011; le conflit politique à la frontière algéro-marocaine entrave par ailleurs la bonne application des accords de l’UMA. Or, l’intégration économique maghrébine pourrait être profitable à plus d’un titre: les complémentarités de la région en termes de produits, de main d’œuvre, de ressources naturelles, etc. permettraient non seulement de dynamiser le marché en termes d’investissement et notamment d’IDE, mais renforcerait également le poids de la région dans l’économie internationale. Plus particulièrement, l’intégration économique maghrébine pourrait avoir des retombées positives en termes de création d’emplois dans la région.

D’après communiqué