Tunisie : le manque de professionnalisme d’un reportage

Envoye_special_2.jpgMême après plus d’une semaine de sa diffusion sur France 2, le reportage d’Envoyé spécial, qui a présenté la Tunisie comme un pays salafiste djihadiste, est toujours d’actualité, non seulement en Tunisie mais aussi à l’échelle internationale.

Après les professionnels du tourisme qui ont répondu à France 2 (lire notre article), Sofiane Belhaj, blogueur et Anis Mghirbi, directeur commercial de l’hôtel Seabel à Sousse, sont intervenus, mercredi 23 janvier sur Express FM, sur ce même sujet. Les deux invités de l’émission Expresso ont été unanimes à souligner la dimension réductrice du reportage et la tendance fâcheuse du reporter à présenter la Tunisie sous l’angle du phénomène salafiste.
M. Belhaj a affirmé que ce reportage manquait de professionnalisme et était de mauvaise foi pour trois raisons : « D’abord, par le scénario qui était élaboré sur la base d’idées reçues, glanées sur l’Internet et non à la faveur de témoignages réels et diversifiés. Selon ce scénario, la Tunisie serait devenue un autre Afghanistan, voire un pays gouverné par les salafistes. Ensuite, par le nombre des fixeurs qui ont participé à ce reportage lesquels étaient au nombre de quatre alors que normalement un seul aurait suffi. En outre, ce reportage, qui devait être diffusé en principe fin novembre-début décembre 2012, n’a été diffusé qu’au lendemain de l’intervention française au nord du Mali ! ».
Sofiane Belhaj y voit une arrière pensée selon laquelle les salafistes djihadistes sont en train d’envahir tous les pays du Maghreb, y compris la Tunisie : « Le reporter a cherché à agiter le drapeau de la terreur et à faire peur aux touristes ».
Pour sa part, Anis Mghirbi estime que la diffusion de ce reportage à cette date est mal tombée en ce sens qu’elle a coïncidé avec la tenue des salons spécialisés dans le tourisme en Europe et avec la période des réservations. Il a, en outre, démenti les informations sur son hôtel : « Il n’était pas vide comme le reportage le laissait entendre mais bien rempli à hauteur de plus de 60% ».
Ils ont indiqué qu’il n’y a aucun problème pour les touristes en Tunisie. Ils ont été très étonnés par ce reportage, car il n’y a pas de grosse communauté de salafistes en Tunisie, contrairement à ce qu’il laisse entendre.

H.M