Tunisie : rendez-vous raté avec la relance, estime Houcine Dimassi

Houcine_Dimassi_1.jpgLa Tunisie est dans un tunnel noir. La situation économique est catastrophique. L’accord signé entre le gouvernement et l’UGTT, Union générale tunisienne du travail, a alourdi la facture du pays. Pratiquement, il est impossible d’annoncer la reprise en 2013. C’est la synthèse de l’interview que M. Houcine Dimassi, ancien ministre des Finances, a accordée au quotidien Al Maghreb.

M. Dimassi a indiqué que le gouvernement Jebali a échoué dans sa mission : « Dés le début, le gouvernement s’est trompé de stratégie. Ce mauvais choix du régime économique et politique met, aujourd’hui, notre pays dans une situation floue. Pour sortir de l’impasse, il est indispensable d’éviter les conflits politiques et de travailler ensemble pour sauver ce qui reste de notre économie ».
L’ancien ministre s’est dit pessimiste : « C’est vrai que le gouvernement a annoncé un taux de croissance de 3,5% en 2012. Il est, en fait, libre d’annoncer ce qu’il veut. Cependant, avec les chiffres existants, il est difficile, pour ne pas dire impossible, d’atteindre ce taux. Pour 2013, la Tunisie va rater son rendez-vous avec la relance. Tous les chiffres sont dans le rouge (baisse des indicateurs industriels, régression de l’exportation, recul des investissements…). Je confirme qu’il serait impossible d’atteindre en 2013 un taux de croissance de 4,5%. Il y a d’autres réalités à ajouter ; notre premier partenaire, l’Union européenne, vit une situation économique difficile, la saison agricole ne sera pas rentable, le secteur industriel est en régression, le tourisme est fortement touché par les actes de violence… Donc, toutes ces raisons ne peuvent pas fournir l’indice d’une prochaine reprise. Je pense qu’il y a une falsification des chiffres pour une simple raison ; l’équation présentée par le gouvernement n’est pas logique !».
De même pour les postes d’emplois créés : « Selon les statistiques, plus de 60 000 postes ont été créés durant les 6 premiers mois de 2012. C’est un chiffre fantôme. Avec une économie gravement malade, ce chiffre ne peut être que le grand mensonge du siècle ! ».
En ce qui concerne l’augmentation salariale, M. Dimassi a noté que cette mesure a couté 500 millions de dinars : « Si on ajoute les nouveaux recrutements, l’augmentation salariale va atteindre, en 2013, 1,1 milliard de dinars ! ».

Meriem.Kh