Tunisie : des documents introuvables dans les mairies

documents_communes.jpgJe me trouve confronté depuis plus d’un mois à un problème d’une rare et étonnante acuité. Je ne suis peut-être pas le seul et de très nombreux citoyens doivent s’en ressentir. Et ce sont les autorités communales qui ont l’impérieux devoir de résoudre ce problème. Mais elles annoncent, navrées, leur incapacité à satisfaire ma demande.

Les faits sont simples. Mon fils, résidant en France, a besoin d’un document pour constituer un dossier. Il s’agit tout simplement d’une copie intégrale de l’acte de naissance qui ne peut être délivrée que par la mairie de son lieu de naissance, exclusivement. Rien de plus simple, cependant, mais la municipalité ne dispose pas d’un tel imprimé et, pire, ne peut me proposer une solution de rechange, sinon celle d’essayer d’en dénicher un dans une autre commune de la région et d’ailleurs. Je fais alors fonctionner mes pistons, mes connaissances, mon charme. J’use de ma diplomatie, je prie et j’implore. Rien ! On ne peut en fait me délivrer un document qui n’existe pas. Certaines âmes charitables m’ont bien proposé quelques systèmes D, comme celui de la photocopie, mais outre le fait qu’on ne peut reproduire un document fantôme, cela est illégal. Ou encore celui d’apposer sur l’acte de naissance la précieuse mention « copie intégrale ». Mais il semble que c’est également irrégulier. J’ai même sollicité de quelques parents et amis de chercher le précieux imprimé dans des mairies lointaines. Rien de rien. J’ai été quitte pour une somme de…20 dinars en communications téléphoniques pour des clopinettes, à cause d’un document qui ne coûte que…200 millimes. Un ami, secrétaire général de mairie a bien voulu, en ma présence, téléphoner aux services concernés du MI, pour leur rappeler l’inexistence de ce document et les multiples correspondances effectuées en ce sens. Il s’entend dire ce que tout le monde savait déjà, à savoir qu’effectivement ce document manquait et que le ministère n’en avait pas fait commande à l’imprimerie officielle, pour des raisons qu’il a évité d’exposer. Le résultat en est que, jusqu’à ce jour, je n’ai pas obtenu ce précieux et indispensable document qui est, soit dit en passant, fréquemment demandé par nos concitoyens à l’étranger. Comment, se demande-t-on, nos agents et responsables de l’état civil répondent-ils aux demandeurs d’un tel document ? Useraient-ils de ficelles à la limite de l’illégalité ? Et pourquoi le MI ne prendrait-il pas au sérieux ce problème en apparence banal mais tellement important pour les démarches de nos concitoyens de l’étranger ?
Au fait, un autre document fait également défaut : le livret de famille. Officiel, cela s’entend, car il semble qu’un ersatz de ce document est en vente dans…les débits de tabac.

M.BELLAKHAL