Tunisie-Economie : la situation est inquiétante, avoue Ridha Saidi

situation_inquietante.jpgQu’en est-il de la conjoncture économique du pays ? Ridha Saidi, ministre auprès du Premier ministre chargé des Dossiers économiques, a analysé la situation dans le pays et avancé des propositions.

Dans une interview accordée vendredi matin 25 octobre 2012 à Express FM, M. Saidi a précisé que la situation économique de la Tunisie post-révolution n’est pas aussi bonne qu’elle aurait pu l’être : « Je ne peux pas nier ou cacher la réalité de la situation. Elle est inquiétante. Toutefois, notre gouvernement est parfaitement conscient de la nature de notre situation ».
Le ministre est revenu, également, sur les indicateurs négatifs de notre économie (recul des intentions d’investissement, aggravation du déficit commercial, inflation à la hausse, perte de cinq points dans le classement Doing Business…). Il a affirmé que le gouvernement œuvre à les réviser à la hausse : « Un programme qui vise l’amélioration des affaires dans notre pays verra bientôt, le jour ».
Ridha Saidi a précisé, en outre, que chaque économie, dans tous les pays du monde, a trois importants moteurs : l’investissement, la consommation et l’exportation. Ces trois moteurs ou -comme on peut les nommer- les clés de la réussite de chaque économie, ont une étroite relation avec les hommes d’affaires, la base autour de laquelle s’unissent ces trois éléments.
Le ministre a plaidé pour la levée d’interdiction de voyage, dans les meilleurs délais et dans le cadre de la loi, d’une soixantaine d’hommes d’affaires concernés. Il a plaidé aussi pour la fin de l’attentisme des promoteurs et chefs d’entreprises. M. Saidi a confirmé la régression des intentions d’investissement des hommes d’affaires, notamment tunisiens, vu l’insécurité du pays et la non-clarté de la situation : « L’investisseur tunisien a peur d’une d’importantes questions : D’où vient votre argent ? Il faut les libérer pour faire bouger le cercle économique du pays ».
M. Saidi a ajouté que l’Etat ne peut en aucune manière être le principal employeur et financier du développement. C’est l’important rôle des investisseurs et des hommes d’affaires : « Si l’Etat a accepté, en cette période délicate, d’accomplir cette mission, c’est pour une durée bien déterminée ne devant pas dépasser les cinq ans, délai auquel les partenaires étrangers de la Tunisie ont bien réagi. C’est pourquoi la récente rencontre avec l’UTICA a été une précieuse opportunité pour leur adresser un message fort qui consiste à relayer l’Etat, à investir, à créer des emplois, et partant la richesse dans le pays ».
Il a insisté sur le fait que l’Etat et l’UTICA ne protègent plus les hommes d’affaires corrompus : « L’intérêt du pays avant tout ».

Meriem.Kh