Tunisie : ce serait un suicide de toucher aux droits de la femme, selon Sihem Badi

Sihem_Badi.jpgA l’occasion de la journée internationale de la Femme, un colloque intitulé « Printemps arabe, Printemps des femmes », a été organisé à Paris par le ministère français des Affaires étrangères et l’Institut du monde arabe. Il s’est tenu mercredi 07 mars 2012, à l’IMA.

Mme. Sihem Badi, ministre de la Femme et de la Famille, a précisé qu’en Tunisie, les droits de la femme sont bien gardés : « Le code du statut personnel, c’est la « Bible » du droit de la femme. Le statut personnel de la femme tunisienne est « unique » dans le monde arabe. Mais, nous avons besoin d’acquis supplémentaires et de davantage de droits qui les protègent. On veut surprendre le monde avec un nouveau modèle politique, social et de justice pour les femmes ».
Mme. Badi a ajouté que la femme tunisienne est en train de donner une autre ère à la Tunisie, et de réaliser un processus démocratique qui reste difficile : « Tout le monde a conscience que ce serait un suicide de toucher aux droits de la femme »
Dans une bref interview accordée à notre confrère Gnet, la ministre a clarifié sa position sur le mariage coutumier ou « orfi », après la large polémique, qu’a créé ce sujet : « , les décrets 31 et 35 du CSP exigent depuis 1957 l’inscription du contrat de mariage auprès des autorités de l’état civil, ce qui reste comme une preuve écrite qui préserve les droits de la femme, en cas de décès de l’époux (héritage), et préserve ses droits et ceux de ses enfants, en cas de divorce. La religion interdit le mariage coutumier car il y a absence de deux conditions nécessaires : la présence du wali (NDLR : tuteur) et al-Ishhar (la publication) ».
La ministre a, également, affirmé que ce type de mariage est une violation du droit. Il entraîne la violation d’autres droits. Cela peut ouvrir la porte à la polygamie. Il peut inciter une femme divorcée à ne pas garder la pension alimentaire et la maison, ou la rente si elle est veuve. Si elle est séparée, elle n’a aucune preuve pour prouver ses droits.

M.Kh