Tunisie : il faut sauver le Palais des congrès de Bizerte !

Bizerte.jpgLe 19 octobre 1964 se tenait, à Bizerte, le 7ème congrès du Parti libéral constitutionnel tunisien, plus connu sous le nom du Néo-Destour et grâce au nom de son président Habib Bourguiba.

Un congrès fort particulier de par sa nouvelle orientation politico-économique puisqu’on devait y adopter le socialisme comme doctrine. Le Néo-Destour devenait ainsi le Parti socialiste destourien (PSD) (22 octobre 1964) qui allait donner naissance vingt-trois plus tard au RCD. L’on voulait que l’événement soit grandiose et à la mesure des importantes décisions à prendre. Toutefois, Bizerte ne disposait pas d’un espace capable d’abriter une manifestation de cette envergure. Qu’à cela ne tienne, en un temps record de quelques mois, a été commandé et réalisé, pour une enveloppe bien conséquente, un pur joyau de l’architecture moderne de l’époque : le Palais des congrès de Bizerte dont la seule évocation faisait gonfler de fierté les poitrines de tous les Bizertins. Ses équipements étaient ultramodernes voire sophistiqués à une époque où même la capitale ne pouvait se prévaloir d’une telle infrastructure.
La « gloire » du palais des congrès de Bizerte a duré un certain temps. Il a été soumis à une exploitation inconsidérée et servi aux mariages et à toutes sortes de manifestations culturelles, économiques, festivalières et festives…Au point que tout son équipement a périclité et en l’absence de maintenance fini par rendre l’âme. On essaya bien d’y loger telle ou telle organisation, telle ou telle administration afin de « faire penser qu’il servait encore à quelque chose ». Mais, délaissé par les siens, la mairie notamment, ses portes ont été closes, ses lumières éteintes, son drapeau retiré, ses terrasses, chaque jour, irrémédiablement s’affaissent, ses murs se lézardent, l’immense parc qu’il surplombe, naguère planté de lauriers roses, n’est plus qu’un vaste pâturage où se prélassent et se délectent les troupeaux de vaches et de caprins (Mais oui !). Un silence lugubre finit par l’envelopper. Dernièrement, en passant derrière ce somptueux édifice, un SDF a élu domicile sous le porche arrière avec une foule d’objets couleur locale.
Un simple constat, mais une multitude de questions sont en filigrane auxquelles les Bizertins aimeraient avoir une réponse quant au devenir de cette pièce unique du patrimoine architectural bizertin certes mais tunisien surtout ! Qui a été construit avec les deniers publics et qui, à l’époque avait coûté une bien belle somme.

M.BELLAKHAL