Tunisie : le passé de l’ancien régime

capitalisme.jpgLa commission nationale d’investigation sur la corruption et la malversation a publié vendredi 11 novembre 2011 son rapport relatif à ses activités qui s’étalent sur huit mois. De 500 pages, le rapport résume tout un passé honteux du président déchu, Ben Ali. Aucun secteur ne lui échappe.

Il a puisé dans la caisse et s’est abondamment servi grâce à son pouvoir. 10 mille dossiers des affaires de corruption et de malversation sont arrivés à la commission dont plus de 5 000 ont été examinés : « On ne s’est pas contenté seulement de l’étude des dossiers mais aussi de l’ouverture de plusieurs autres dossiers. L’archive de Carthage a été saisi et on a découvert plusieurs irrégularités dont quelques documents sont écrits par la propre écriture de Ben Ali », indiqué M. Néji Baccouche, professeur à la faculté de droit de Sfax et membre à la Commission.
« On a invité plusieurs politiciens, anciens ministres, conseillers et responsables à des séances d’écoute qui ont atteint parfois les 4 heures. Au total, 120 séances ont été entendues par la Commission. Plusieurs sessions ont été enregistrées et conservées pour la mémoire nationale. On a également procédé à des visites sur terrain dont 3 bureaux à Sidi Dhrif. Selon les investigations, il apparaît que le ministère de la Défense a consacré plus de 4 millions de dinars pour le réaménagement du terrain où se situe le château ».
Plusieurs autres terrains dans différentes régions ont été profités. Ils avaient été achetés par la famille de Ben Ali à travers le dinar symbolique pour être vendu, par la suite, avec des prix imaginaires. 320 dossiers ont été transférés au ministère public.
La commission a fait savoir également que 1500 pièces de bijoux pesant environ 4 kg ont été découvertes. 57 pièces archéologiques ont été enregistrées : « Ben Ali a confisqué le pourvoir décisif notamment en ce qui concerne le volet économique à son profit. Il a abusé du pouvoir pour servir ses intérêts». Enormément de choses qui ont été découvertes à Carthage : un millier de chaussures féminines, des milliers de couvre-lits, des tapis, des cuvettes, des télés…
M. Baccouche a soulevé aussi l’affaire de l’autorisation de la vente d’alcool dans les hôtels : « On a découvert un document où Ben Ali a rempli par « oui » ou « non » sur l’octroi des autorisations. Ces permutations ont été attribuées selon ses préférences. Certains hôtels à Nabeul et Hammamet ont été interdits de vendre l’alcool ».
Le sujet de l’orientation universitaire a été également débattu, Il a été remarqué que suite à une demande écrite, un jeune a été orienté à la faculté de médecine malgré une moyenne équivalant à 15.
Au sujet de l’ATCE, les travaux de la Commission ont révélé que cette institution a débloqué entre les années 2007/2010, environ 18 000 dinars pour le compte de ses employés. Ces montants ont été tirés de la trésorerie de l’ATCE. Cette dernière a fait distribué de gros montants pour les Ex-Rcdistes. 178 458 mille dinars ont été débloqués par l’office des Tunisiens à l’étranger, entre les années 1999 et 2010. Durant l’année 2001, et dans le cadre des fêtes qu’organise le RCD, 1 637 dinars ont été alloués. En 2008, l’ATCE a supporté, à l’occasion du 7 novembre, des frais dépassant les 340 mille dinars. Elle a supporté également les dépenses consacrées à l’organisation des Congrès de le RCD.
Concernant la coopération des ministères avec la commission nationale d’investigation sur la corruption et la malversation, M. Baccouche a indiqué que tous les ministères ont été solidaires à l’exception de la Banque Centrale : « la BCT a refusé de nous éclaircir sur plusieurs affaires ».

K.T