Démocratie : quel rôle pour les compétences tunisiennes à l’étranger ?

tunisiennes.jpgChaque Tunisienne et chaque Tunisien sont appelés à jouer un rôle en étant à son niveau de compétences et de savoir-faire. Au delà des partis, acteurs majeurs qui structurent la vie politique du pays, les compétences tunisiennes à l’étranger ont un rôle central dans la défense et la préservation des acquis de la Révolution.

Selon une étude réalisée par M. Mohamed Troudi, vice-président de l’Association des Compétences Tunisiennes à l’Étranger (ACTE), ces compétences doivent être le garde-fou de la réalisation des objectifs de la Révolution.
Il est nécessaire d’aider à consacrer l’idée de la démocratie, en donnant à chacun la possibilité de s’exprimer et au mieux de s’investir en tant qu’acteur à part entière dans la vie politique économique et sociale du pays. En un mot, on doit réinventer notre approche de la vie politique et démocratique. Plus spécifiquement, ces compétences perdues, aujourd’hui retrouvées, doivent être considérées comme un gisement humain inépuisable tant la Tunisie, à l’intérieur comme à l’extérieur, regorge de savoirs faire.
L’apport de ces compétences peut être envisagé sous plusieurs angles, d’abord en leur qualité de vecteurs de transfert de technologies, mais aussi de porteurs de projets innovants. Ce qui suppose bien évidemment une forte incitation des pouvoirs publics. Ceci passe par la facilitation et la simplification des procédures administratives et l’assistance des investisseurs et des promoteurs désireux de s’implanter en Tunisie.
Les compétences tunisiennes sont également appelées à renforcer le partenariat entre les pays d’accueil et leurs régions d’origine comme destinations particulières d’investissement et de création de projets porteurs.
Pour bien réussir son rôle de vecteur du développement du pays et celui d’instrument de convergence économique, il faut souligner la nécessité de la mise en place de réseaux en Tunisie et en Europe pour identifier et mobiliser ces compétences à même de contribuer à la promotion de l’économie tunisienne.
C’est ce que tente de faire l’ACTE en coordonnant les forces vives et en impulsant l’échange d’expériences à travers l’Europe et les Etats-Unis. Ces compétences tunisiennes à l’étranger, estimées à plus de 100.000 personnes, enseignants chercheurs, cadres dirigeants, hommes d’affaires ou encore ingénieurs de haut niveau, sont très attachés à leur identité.
Pour mettre en place un champ politique républicain -où le conflit politique serait institutionnalisé afin de garantir le caractère public de l’autorité et en finir ainsi avec la privatisation du pouvoir-, la société tunisienne avec toutes ces composantes se doit de préparer les conditions du passage d’une situation pré-politique ou pré-étatique à une démocratie réelle. Cette situation passe par la création d’un espace laïque qui libèrera des énergies nouvelles, admettant le pluralisme comme une condition sina qua non pour la démocratie et pour l’Etat républicain car il ne peut y avoir de république sans démocratie.
M. Mohamed Troudi est vice-président Association des Compétences Tunisiennes à l’Étranger. Il est docteur en droit, chercheur en Relations Internationales et Stratégiques, spécialiste en géopolitique du monde arabe, associé à l’IIES, Paris, analyste en politique internationale et membre fondateur de l’Observatoire des Mers noire, Méditerranée et du Golfe (OBGMS), Paris.

Meriem.KH