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Perspectives économiques en Afrique 2019 : la croissance de l’économie tunisienne devrait se poursuivre en 2019/2020

D’après le dernier rapport de la banque africaine de développement intitulé « Perspectives économiques en Afrique 2019 », la croissance réelle du PIB devrait poursuivre le rebond amorcé en 2017 (1,9 %) pour atteindre 2,6 % en 2018 portée par la bonne performance du secteur agricole (+8,7 %) et celle des services marchands (+3,2 %). Cette tendance devrait se poursuivre en 2019–2020. Du côté de la demande globale, l’investissement (+5 %) et les exportations (+2,7 %) devraient s’imposer comme les deux principaux moteurs de croissance de l’économie tunisienne.
Sur le plan macroéconomique, une diminution du déficit budgétaire et du compte courant devrait intervenir en 2018 et se poursuivre en 2019 et 2020. Toutefois, cette décrue devrait être lente à cause de la masse salariale élevée et du caractère structurel du déficit commercial lié à la demande d’importations en augmentation de 16 % au cours des huit premiers mois de 2018 par rapport à 2017. Si l’inflation est en forte augmentation en 2018 en raison de l’incidence du taux de change, l’augmentation de la TVA et la hausse de l’inflation importée devrait atteindre 7,4 %, puis refluer à partir de 2019 sous l’effet d’un resserrement de la politique monétaire par la Banque centrale de Tunisie (BCT) durant le 2e trimestre 2018. Le dinar s’est déprécié de 19 % par rapport au dollar EU et à l’euro en 2018, ce qui a créé des tensions sur les réserves de change.
Le principal défi à moyen terme réside dans la lutte contre le chômage et la réduction des disparités régionales. Le chômage touche en moyenne 15,4 % de la population active et 31 % des diplômés de l’enseignement supérieur avec, cependant, des écarts très importants entre les régions côtières où se concentrent l’essentiel des investissements et des emplois et celles de l’intérieur. La réduction de la fracture sociale et territoriale suppose un réexamen du modèle de développement et l’accélération des réformes structurelles. Le rôle et l’ampleur d’intervention de l’État dans l’économie doivent être repensés et privilégier l’efficacité de la dépense publique en ciblant les dépenses capables d’entraîner l’économie, notamment par rapport au secteur privé. L’augmentation importante de la dépense publique depuis 2011 qui a privilégié la dépense courante au détriment des dépenses d’investissement s’est effectuée à périmètre fiscal quasi constant en ayant recours à l’endettement. La dette publique majoritairement composée de dette extérieure (70 %) a augmenté de 71 % entre 2010 et 2018.
La Tunisie bénéficie de nombreuses opportunités à consolider et renforcer. En plus de sa proximité géographique avec l’Europe, la Tunisie dispose d’importantes potentialités agricoles et agroalimentaires pouvant relayer et accélérer la croissance et la création d’emplois. Avec une production moyenne de 190.000 tonnes, la Tunisie est devenue en 2017 le 2e producteur mondial d’huile d’olive derrière l’Espagne et le développement du marché mondial pourrait permettre de doubler la production. Le pays dispose également d’importants gisements de phosphate dont il était le 5e producteur mondial jusqu’en 2011, ainsi que de gisements gaziers pour sa consommation nationale. L’amélioration des conditions de sécurité ouvre de nouvelles perspectives pour la relance des investissements dans le secteur du tourisme. Enfin, la Tunisie dispose d’une importante base industrielle diversifiée (aéronautique, industrie chimique et textile), mais qui, pour jouer un rôle déterminant dans la transformation structurelle de l’économie tunisienne, nécessite une montée en gamme.

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