Nejiba Hamrouni : la Kahina du journalisme tunisien

J’ai connu Nejiba Hamrouni, en 2010, au Cawtar (Center of Arab Woman for Training and Research). Elle bossait avec la journaliste Atidel Mejbri dans ce centre de documentation. J’étais encore stagiaire au journal La Presse de Tunisie. Ce jour-là, j’ai fait la connaissance d’une journaliste modeste et pleine d’humilité. Je me souviens encore de cette rencontre. Elle était assise derrière son bureau avec un sourire étincelant. Le contact avec elle était si agréable. Nejiba était très coopérative dans ma recherche de documents sur la violence à l’égard de la femme dans le monde arabe.
En 2011, je reçois un coup de fil du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT). C’était Nejiba au bout du fil. Elle venait de proposer mon nom au premier ministre pour couvrir un Workshop, du 13 au 15 juillet, à Bucarest (Roumanie) sur les transformations démocratiques en compagnie de Chafik Sarsar (actuel président de l’ISIE), Besma Soudani Belhadj (LET), Ali Zedini (LTDH), Monia El Abed (avocat, ISIE 2011), Nabil Baffoun (ISIE), Ghazi Ghrairi (juriste), Farhat Horchani (actuel ministre de la Défense), etc… Que des ténors de la Société civile tunisienne.
Nejiba Hamrouni avait l’intime conviction que le secteur du journalisme ne pouvait faire sa révolution qu’à travers les jeunes. Elle croyait en eux ce qui explique ma désignation pour représenter les journalistes tunisiens dans cette délégation.
Nejiba Hamrouni était non seulement une combattante, mais aussi une humaniste. D’un combat à l’autre, la Kahina du journalisme tunisien n’a jamais ménagé ses efforts pour combattre la dictature de l’ancien régime. Même dans son combat contre le cancer, Nejiba n’a pas rendu les armes. Elle a poursuivi sa lutte contre cette vilaine maladie jusqu’au bout.
Paix à ton âme chère guerrière.
Et à tous les journalistes intègres, je leur dis: ne pleurez pas la perte de Nejiba Hamrouni. Au contraire, réjouissez-vous de l’avoir connu !

Par Abdel Aziz HALI

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