Mais qui arrêtera enfin ces squatteurs de nos espaces publics ?

Du côté de la ville de Bizerte et de sa fameuse Corniche, il semble que l’on soit parvenu à résoudre les problèmes liés au chômage. Ou du moins à un certain chômage ! Des sortes de placebo en fait, qui ne durent que l’espace d’une saison estivale (réduite à quelques semaines) mais qui provoquent des désastres au niveau de l’environnement naturel et urbain ainsi qu’à celui de la tranquillité mentale des citoyens, qu’ils soient résidents ou visiteurs. Il s’agit, vous l’aurez deviné, de l’attribution d’espaces publics à des exploitants temporaires sur l’un des sites les plus prestigieux et les plus fréquentés de la ville du Nord. Les heureux attributaires,cependant, une fois « arrachée » l’autorisation de l’installation temporaire semblent habités davantage par les moyens à mettre en œuvre pour outrepasser les droits accordés. Les autorités compétentes ont été souvent averties et surtout instruites de cette mentalité, mais rien ne semble indiquer qu’elles ont retenu la leçon, tiré la conclusion ou même cherché à le faire, sinon comment expliquer que chaque année se répètent les mêmes pratiques et se perpétuer les mêmes abus.
Les réseaux sociaux de cette semaine ont relayé des photos d’une bicoque qui était venue agresser le paysage et transgresser les droits des citoyens de profiter de cette splendide promenade de la Corniche de Bizerte. Le quidam ayant obtenu l’autorisation a commencé par ériger une hideuse baraque en tôle. Cela pourrait être de son droit, si l’on se montre conciliant. Cependant ce qui ne l’est pas c’est de s’être emparé, sans vergogne, de toute la largeur du trottoir, ne laissant qu’un demi-mètre à peine pour les amateurs des « crêpes marines » qu’il se propose de fourguer à une probable clientèle qui devrait penser à boycotter son produit.
Nous refusons d’admettre que les autorités aient autorisé ledit personnage à investir le passage des gens, mais nous sommes en droit de nous interroger sur le silence qui a entouré la création de ce projet qui est apparu comme par enchantement. Car, il n’est pas croyable que cette masure ait pu pousser si rapidement à moins que son montage ait été effectué pendant la nuit. Et quand bien même, une intervention rapide et décisive des autorités et des forces de l’ordre aurait été requise et fortement appréciée.
Que faire maintenant ? L’opinion publique, alertée par des posts d’associations de sauvegarde de l’environnement, s’émeut et se révolte. Qu’attendre ? Une décision de démolition que parfois l’on rechigne d’appliquer ou une action spectaculaire de destruction qui pourrait constituer un exemple pour de futurs et éventuels transgresseurs de la loi ?
Mais la question la plus lancinante est sans doute celle qui a trait aux critères d’attribution des autorisations et à la nécessité pour ces gens de se plier absolument au cahier des charges.
Car, plus qu’à la Corniche de Bizerte, ces anomalies sont répétées à l’infini sur toute la longueur du littoral régional, si ce n’est national.

M. Bellakhal

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