Panama Papers : qui est derrière la fuite des documents ?

Le nouveau scandale fiscal Panama Papers d’envergure planétaire a révélé qu’une dizaine de responsables tunisiens de renom y étaient impliqués.
Dans l’attente de la révélation promise des noms de ces clients de Mossack Fonseca, la firme panaméenne chargée de créer les sociétés écrans basées dans les paradis fiscaux, l’on sait déjà que le président déchu Ben Ali en fait partie.
Mais qui est derrière cette colossale et sans précédent fuite de documents (on parle de 11,5 millions de documents équivalant à 2,5 tonnes de données) issus du cabinet d’avocats panaméen Mossack Fonseca ? Une fuite qui révèle des informations sur 214 000 sociétés offshore ainsi que les noms des actionnaires de ces sociétés. Parmi ces derniers se trouvent des hommes politiques, des milliardaires, des sportifs de renom ou des célébrités.
En fait, les documents fournis par un lanceur d’alerte anonyme remontent aux années 1970 et vont jusqu’à 2015. Ces données ont été initialement envoyées au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung en 2015, les données ont rapidement été partagées avec les rédactions de media dans plus de 80 pays par l’intermédiaire du Consortium international pour le journalisme d’investigation (International Consortium of Investigative Journalists, ICIJ) basé à Washington.
Les documents consistent en plus de 4,8 millions d’emails, 3 millions de bases de données, 2 millions de fichiers PDF, 1,1 millions d’images (notamment les photocopies des passeports des actionnaires et des scans de contrats signés), 320 000 fichiers texte et environ 2 000 fichiers d’autres formats.
Les journalistes ayant analysé ces données ont créé 214 488 dossiers informatiques (un pour chaque société écran mentionnée) auxquels ont été rattachés les documents les concernant.
Alors qui est derrière cette fuite ? Impossible de le savoir, font remarquer les observateurs, bien que des hypothèses fassent sens.
En tous cas, il serait intéressant d’observer l’arrière-plan des Panama Papers et de le situer dans le contexte stratégique de plus en plus sulfureux, imprégné par une sournoise info guerre. Il serait par exemple opportun de s’interroger sur cette pole position des Unes des journaux ou des headlines sur cette question de Panama Papers, en pleine guerre froide, et surtout peu après les avancées significatives de l’armée syrienne, appuyée par les Russes et des unités de l’armée iranienne et du Hezbollah. La coïncidence n’est-elle pas troublante ?

M. Bellakhal

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