Séminaire de l’IACE à Bizerte : Quelle nécessité ?

L’Institut arabe des Chefs d’Entreprise (IACE) a organisé récemment, en collaboration avec le MEPI, un séminaire régional auquel il a convié de hauts responsables du secteur de l’investissement et de l’industrie.
Le thème, assez présomptueux à notre humble avis, se proposait ni plus ni moins que de fournir les moyens de « renforcer le développement du pôle de compétitivité de Bizerte (PCB) et d’y relancer l’emploi».
Vaste programme, en vérité, qui n’a pas cessé de tourmenter ceux qui veillent avec constance sur les destinées de cette institution. Ces derniers, loin de baisser les bras face à une conjoncture trop difficile mais dont certains cherchent à minimiser les impacts, multiplient les initiatives dans le but de raviver l’intérêt du site Tunisie, en général et de Bizerte en particulier. La première observation est que cette rencontre ne semble pas avoir suffisamment motivé les personnalités invitées qui ont préféré décliner l’invitation. A commencer par le P-DG du PCB qui avait reçu une simple invitation, alors que le séminaire concernait sa propre institution et qu’il est logiquement l’unique personne habilitée à discuter de cette question. Or, à la sollicitation des organisateurs, M. Kamel Belkahia, a répondu qu’il serait à la date fixée en déplacement à Abidjan pour une mission de prospection.Bien que les présomptions d’absence des responsables du secteur et du PCB aient été fortes, les organisateurs avaient tenu à l’organisation de cette rencontre. Le résultat en a été que cela a été comme un procès fait au PCB et à ses dirigeants, nonobstant les effets néfastes d’une conjoncture sécuritaire et économique des plus incertaines. Il nous a semblé que l’on avait délibérément cherché à isoler le cas du PCB d’un contexte généralisé comme si on avait voulu faire apparaître un laxisme et un relâchement supposés des responsables du Pôle. Sinon comment expliquer l’observation mise en exergue que « les projets du PCB sont en diminution » si tout le monde sait qu’un seul projet, celui de BIC, est aujourd’hui en activité, et qu’il a réalisé une importante extension, alors que d’autres promoteurs ont entamé les travaux de construction de leurs projets. Et, en outre, quelle est cette demande faite de diversifier les projets au sein du PCB puisque l’on sait pertinemment que le Pôle de Bizerte est dédié à la seule activité agro-alimentaire, et qu’il a par ailleurs procédé à l’aménagement à El Azib de quelque 66 ha d’espaces industriels (les plus beaux et les plus fonctionnels réalisés jusqu’ici en Tunisie).
Non, cette rencontre a été fort mal organisée. L’on aurait souhaité l’absence de certaines personnes que l’on ne se serait pas pris autrement. Sans compter, et c’est le plus important, une analyse et un diagnostic du cas du PCB des plus parcellaires et des plus superficiels. A quoi a bien pu servir ce séminaire ? Ce fut une dissipation des efforts, une rencontre inutile, qui n’a en fin de compte rien ajouté aux efforts consentis pour sortir nos institutions industrielles du marasme ambiant. Les recommandations issues de ce rendez-vous raté ne viendront présenter aucun progrès dans la recherche d’une solution de la promotion de l’investissement ou de l’emploi.
Au pire, les organisateurs auraient fait germer l’idée chez certains que certaines institutions gagneraient à être dirigées par eux-mêmes que par ceux qui y veillent aujourd’hui avec compétence, honnêteté et professionnalisme.
M. Bellakhal

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