Tunisie : journée instructive sur la santé sexuelle et reproductive à Bizerte

Une vingtaine de personnes appartenant à différents organismes et services de la santé publique ont répondu à l’invitation lancée par le bureau régional de l’Association Tunisienne de la santé de la reproduction (ATSR) de Bizerte.

Cette rencontre a été organisée à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de lutte contre le sida et qui, de ce fait, s’est fixée pour objectif de parler de cette maladie et des progrès réalisés dans la recherche et la lutte contre le VIH, certes, mais qui devait, selon les organisateurs, constituer une occasion renouvelée pour une présentation de l’ATSR, ses objectifs et ses activités dans le cadre de la stratégie mondiale de développement de l’après 2015 et les Objectifs de Développement Durable (ODD).
Une rencontre éducative et informationnelle édifiante et instructive pour une assistance appelée à intervenir auprès de différentes catégories de la population, à l’effet d’informer, de sensibiliser, de prévenir, de démystifier pour un regard nouveau en rapport à la maladie et aux porteurs du VIH.
Le Dr Slim Khédher, président du bureau régional de l’ATSR, devait présenter l’Association, sa politique axée sur un engagement à garantir le droit à la santé pour tous, tels que stipulées dans la Constitution tunisienne, sans toutefois omettre de souligner une absence flagrante de lois, de politiques et de stratégies spécifiques à la santé sexuelle et reproductive. Les jeunes se trouvent particulièrement lésés en la matière notamment. La présentation a relevé également les retombées funestes du phénomène des disparités régionales sur une prestation de soins de qualité et sur un accès aisé des populations de ces zones aux services de santé sexuelle et reproductive. Dr Khédher n’a pas manqué de pointer du doigt les discriminations pratiquées à l’encontre des groupes vulnérables et la stigmatisation à laquelle ils se trouvent soumis, les empêchant d’accéder à l’information et aux services SSR bien qu’ayant des besoins spécifiques auxquels l’on se doit de répondre. Les droits de cette catégorie de personnes aux services de la SSR se trouvent, aujourd’hui, contrecarrés et menacés par un mouvement conservateur et une opposition organisée, fait-il remarquer. Pourtant, souligne-t-il, les progrès technologiques fournissent des outils de travail pour une lutte efficace contre toutes sortes de discrimination vis-à-vis des groupes vulnérables. En conséquence de quoi, l’ATSR œuvre sans relâche à promouvoir les droits des jeunes et des populations les plus vulnérables et les moins desservis à l’accès aux services de la SSR à travers un partenariat multisectoriel agissant. Les objectifs de l’ATSR visent à parfaire le cadre législatif, politique et procédural en amenant le gouvernement à la bonne application des politiques en conformité avec les instruments internationaux. L’ATSR n’en vise pas moins à renforcer et étendre l’engagement des groupes de femmes et groupes de jeunes leaders comme acteurs de changement, à améliorer l’accès des jeunes à une éducation sexuelle complète, à accroître la prise de conscience de la population y compris les groupes vulnérables en ce qui concerne la SDSR, à renforcer, enfin, l’engagement des célébrités, des médias et des leaders d’opinion dans la promotion des Droits en SSR. Pour atteindre ces objectifs ambitieux, il conviendrait, nécessairement d’augmenter le nombre de services intégrés et de qualité fournis par l’ATSR, d’augmenter entre autres mesures ses ressources financières, de consolider le nombre de volontaires et activistes engagés.
La seconde intervention a été consacrée à la présentation des Objectifs de Développement Durable (ODD). Mme Irzek Khenitech, directrice exécutive de l’ATSR, a présenté les 17 objectifs mondiaux constituant le programme de développement durable. Ce programme ratifié par les états membres de l’ONU qui vise à mettre fin à la pauvreté, à lutter contre les inégalités et l’injustice, à faire face aux changements climatiques d’ici à 2030. Il s’agit a expliqué Mme Khenitech d’un nouveau programme basé sur les 8 objectifs du millénaire pour le développement (OMD) dont plusieurs ont réalisé d’énormes progrès, mais qui n’a pas permis, malheureusement, de mettre fin à la pauvreté qui continue à accabler trop de personnes. Les objectifs de l’ODD, a souligné Mme Khenitech devraient permettre d’achever la tâche commencée avec les OMD. Au niveau national, Mme Khenitech a indiqué que le 1erdécembre 2015, un atelier de réflexion a été organisé sous l’égide du ministère du développement et de la Coopération Internationale dans le but pour les participants fut d’approfondir la réflexion sur des indicateurs de développement durable tenant compte des spécificités du pays.
La troisième et dernière communication a été l’œuvre du Pr. Mechaal Mourali, médecin-chef du service de néonatologie au CHU de Bizerte. Il a fait un exposé interactif sur le VIH et sur la situation épidémiologique nationale arrêtée au 31 octobre 2015, ainsi qu’à la relation entre l’infection à VIH et la grossesse et les situations où la grossesse est déconseillée, insistant sur le fait qu’une infection à VIH ne contre-indique pas la grossesse, mais qu’elle appelle à certaines précautions. Le professeur a présenté la stratégie PTME 2014-2017 relative au dépistage en prénatal, la contraception, soutien psychosocial et prise en charge médicale de la mère et de l’enfant. Lors du débat, le diagnostic précoce a été vivement conseillé car il assure un meilleur suivi et prise en charge, un meilleur diagnostic et qualité de vie, une attitude plus responsable, une contagiosité et transmission plus faibles. Evoquant la stigmatisation et la discrimination, Pr Mourali a rappelé les déclarations nationales et internationales qui annoncent que « nul ne peut souffrir de discrimination en raison de son statut sérologique. », ajoutant à l’intention des prestataires de service PTME qu’ils doivent «respecter les droits de toutes les femmes et de tous les hommes sans distinction de leur statut sérologique. »
A signaler qu’au 31 octobre 2015, il a été recensé 122 cas de Tunisiens diagnostiqués dont 80 hommes et 42 femmes et 148 cas étrangers dont 104 Africains. En outre, depuis la notification des premiers cas d’infections par le VIH/Sida jusqu’à la date du 31 octobre 2015, un total de 2159 cas ont bété enregistrés parmi lesquels 612 sont décédés. Les cas vivants, au nombre d e 1547, correspondent à un taux de prévalence faible de 1,4/10 000 habitants et qui demeure relativement stable à ce niveau, classant la Tunisie parmi les pays à faible prévalence pour le VIH. Par ailleurs, le nombre de personnes vivant avec le VIH sous thérapie est de 722. Ces cas sont pris en charge dans quatre services (Tunis, Sousse, Monastir et Sfax)

M. Bellakhal

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