Tunisie-Des édifices publics qui s’effondrent: à qui la faute ?

Décidément des questions lancinantes s’imposent et taraudent les esprits sur le sérieux et le sens des responsabilités des entrepreneurs adjudicataires de la réalisation de bâtiments publics.

 De vives et légitimes inquiétudes s’emparent du simple citoyen en pensant à la désinvolture avec laquelle les bureaux de contrôle valident les travaux accomplis, les chefs de chantiers surveillent les étapes de réalisation, les maîtres d’œuvres réceptionnent les travaux achevés. Il semble que tous ces « partenaires » n’ont qu’un seul et unique souci : expédier le plus rapidement possible le chantier en cours pour aller vaquer à d’autres occupations lucratives, tout en se fichant comme d’une guigne des conséquences que leur imprévoyance peut avoir sur autrui.
Deux événements inquiétants, qui se sont déroulés la même journée à Bizerte viennent confirmer notre inquiétude. L’effondrement des planchers au chantier de l’Ecole Nationale d’Ingénieurs et celui du plafond décoratif dans deux salles du lycée Habib Thameur, construit en 1925, de la même ville.
Le premier a occasionné des blessures plus ou moins graves aux ouvriers, le second aurait été d’une conséquence plus grave si les élèves avaient été présents. Les enquêtes ne manqueront pas de déceler les déficiences et de délimiter les responsabilités. Mais après ? Quelles mesures seront mises en œuvre pour sanctionner « des criminels potentiels » dont le goût immodéré du lucre l’emporte sur les considérations éthiques, morales et humaines. Et l’administration, dans tout cela ? Se peut-il que pour quelques dinars de moins, elle serait disposée à mettre au placard toute prudence et exposer nos enfants à des dangers potentiels en optant pour des « entrepreneurs » moins disant certes mais dont le sérieux et les compétences peuvent être douteux?
Nous aimerions tant que de tels incidents servent de leçons et que nos responsables soient animés des sentiments moins matériels et davantage conformes aux préceptes moraux dans l’octroi des marchés et dans le contrôle des travaux. Il y va tout simplement de la sécurité de nos enfants et de leur intégrité physique.

M. Bellakhal

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