Festival international Néapolis du théâtre pour enfants : un trentenaire aux dents de lait

Du 20 au 28 décembre 2015, au total 57 spectacles ont été programmés lors de cette 30e édition, dont 15 produits par des compagnies étrangères.

Comme chaque année depuis 1985, durant la dernière semaine des vacances d’hiver, les enfants de la cité des Potiers meublent leurs journées aux trois coups du festival international Néapolis du théâtre pour enfants. Outre son aspect festif, les organisateurs de ce festival ambitionnent d’en faire un événement multidimensionnel et accessible à tous les enfants des 24 gouvernorats de la Tunisie.
Ainsi 22 spectacles sont programmés dans plusieurs régions : Tunis (Centre national des arts de la marionnette et du théâtre national, le théâtre du Quatrième Art (avenue de Paris, une moyenne de 5 à 6 spectacles par jour) et la MC Ibn-Rachiq), Monastir, Sousse, Sfax et le Cap Bon (Menzel Bouzelfa et Maâmoura).
Sept spectacles dans les écoles prioritaires des zones rurales
«En collaboration avec l’association «Léo Club», nous avons aussi prévu 7 spectacles dans des écoles prioritaires dans les zones rurales du Cap Bon. Au total, 57 spectacles sont programmés dans cette 30e édition, dont un pour les bambins, la pièce Danielle T… Chante pour les BB de la compagnie «Théâtre en flammes/Totem Music de Montpellier» (de 6 mois à 6 ans) et je cite aussi le spectacle sans paroles La bicyclette rouge de la Factory Campagnia Lecce (Italie)», souligne M. Hamadi Dimassi, président du festival.

Pour ce qui est de la ville de Nabeul, les visiteurs ainsi que les autochtones auront l’occasion de savourer une dizaine de spectacles, dont 15 internationaux, produits par des compagnies étrangères (Argentine, Arabie saoudite, Inde, Iran, Egypte, Italie, Belgique, Liban, France, Algérie, Russie, etc.) répartis dans cinq espaces : Centre culturel Néapolis, maison de la culture sise à l’avenue Hédi Chaker, salle Eddiwan à l’hôtel Khéops, espace des contes à Dar Nabeul (siège de l’Association pour la sauvegarde de la ville de Nabeul, Asvn) et le théâtre de poche de l’Association tunisienne d’aide aux sourds de Nabeul (Atas).
«Le président du festival a réussi un exploit pour convaincre 15 compagnies étrangères de venir en Tunisie, surtout après les attentats du Bardo et de Sousse. Il faut dire que selon certains responsables de troupes théâtrales européennes, les assurances refusaient de leur assurer un tel voyage. D’ailleurs, les dernières Journées théâtrales de Carthage n’ont pas pu réunir un tel nombre», déclare M. Walid Ben Abdesslem, directeur du festival.
Le théâtre prend le bus
«Non seulement nous allons célébrer le 30e anniversaire du festival à travers une multitude de spectacles distribués dans cinq salles de spectacles, nous avons aussi programmé 12 performances sur les places et les quartiers de la ville de Nabeul dont 5 en partenariat avec la Société régionale du transport du gouvernorat de Nabeul (Srtgn). Ces spectacles s’inscrivent dans la rubrique «notre bus est artiste» avec 4 spectacles sur la ligne Nabeul-Yasmine Hammamet et un spectacle de Hakaweti (conteur) sur la ligne confort reliant Nabeul à Tunis. Nous devons aussi une fière chandelle au Prix Nobel de la Paix octroyé au Quartet national du Dialogue. Cette distinction a motivé plusieurs troupes étrangères pour participer malgré la menacer», renchérit M. Dimassi.

Parmi les moments forts de cette édition, nous citons aussi l’inauguration le premier jour du festival de la statue qui représente la mascotte du Festival à l’occasion de son 30e anniversaire. Cet évènement sera ponctué par un spectacle de rue animé par les élèves de l’Ecole nationale des arts du cirque de Tunis (Enact), suivi d’un défilé. Les scouts tunisiens vont aussi hisser le drapeau tunisien dans le centre culturel Néapolis de Nabeul en la présence de Mme la ministre de la Culture et des responsables locaux et régionaux.
«Cette statue en résine et béton armé va être implantée entre l’école primaire Habib Thameur et l’hôpital Ahmed Tlili de Nabeul, juste en face du Mausolée Sidi Maâouia en présence du ministre de la Culture», fait savoir M. Ben Abdesslem.
Les sourds-muets à l’honneur
Pour ce qui est des nouveautés, on note la valorisation de l’Art des Contes à travers la programmation de 5 spectacles animés par Khlad Chnen, Faouzi Labben, Alaeddine Ayoub, Laâroussi Zbidi et Youssef Baklouti dans l’espace Dar Nabel (Mausolée Sidi Ali Azzouz), la présence de la compagnie Prakash Bhatt (Inde) qui va présenter le spectacle de marionnettes Anarkeli, alliant des performances de danse, jongleries et jeu de magie, le tout dans une ambiance hindoue, un autre de l’Argentine pour les amoureux des arts du cirque et l’ambiance festive des clowns et un spectacle combinant texte et langage des signes de Moneêm Chouiet pour les enfants sourds-muets dans le théâtre de poche de l’Atas et espace Eddiwan.
«Mme Jalila Baccar va aussi réciter un texte théâtral dans cet espace des Contes dont l’architecture et l’âme mauresque épousent agréablement l’Art des Hakaweti». Nous allons également organiser une exposition des anciennes marionnettes du Centre national des marionnettes», ajoute M. Ben Abdeslam.
10 ateliers de formation

Le festival a aussi prévu dix ateliers de formation et des cours magistraux animés par plusieurs professionnels internationaux (Argentine, France, Egypte, etc.) et nationaux du 4e art pour enfants, dont le célèbre Pr Elliot Moleba de Johannesburg (Afrique du Sud) qui va proposer un cours pratique pour les étudiants de l’Institut supérieur de l’art dramatique (ISAD), l’Institut supérieur de musique et de théâtre du Kef, l’Institut supérieur des Beaux-Arts de Nabeul et l’Institut supérieur des cadres de l’enfance Carthage Dermech, intitulé «Experiencia !: au théâtre, nous ne créons pas de la magie, nous sommes la magie».
Enfin, il reste à signaler qu’à part la convention signée avec l’institution du Théâtre national sous la direction de Fadhel Jaibi, le ministre de l’Education, M. Neji Jelloul, a promis de mobiliser plusieurs autocars du ministère pour transporter, chaque jour, 200 élèves des 24 gouvernorats pour assister au Festival.
«Or, si le ministère de l’Education était très coopératif avec le Festival, nous attendons toujours l’aide du ministère de la Culture et de sauvegarde du patrimoine. A part l’aide du gouvernorat de Nabeul qui est passée de 13 à 5 mille dinars, l’aide financière du ministère de tutelle se fait encore attendre à trois semaines du début du festival», conclut M. Hamadi Dimassi, président du Festival.

Par Abdel Aziz Hali
Publié sur les colonnes de lapresse.tn en date du 01-12-2015

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