Tunisie : le journalisme présenté à des élèves de sixième année

Lundi dernier, en ouvrant mon courrier, je tombe sur une missive inattendue : une invitation émanant des élèves de sixième année « Yasmine » de l’école privée « l’Excellence » de Bizerte.

On me demande avec des mots simples et extrêmement polis s’il m’est possible de me présenter le lendemain, mardi, dans leur classe, pour un entretien sur le journalisme et les journalistes. Je m’y rends sans aucune hésitation. L’occasion est favorable pour donner à ces petits curieux l’image concrète d’un journaliste et de démythifier ce métier aux yeux d’une jeunesse éblouie ou au contraire déçue. Le choix du sujet n’est pas fortuit. Il s’agit d’un centre d’intérêt sur les médias et les écoliers ont tenu à savoir comment on fait un journal. Au jour et à l’heure exacte indiqués, (j’ai tenu à être ponctuel et je l’ai fait remarquer, pour des raisons qu’il est facile de deviner), je me présente à la classe, accompagné du personnel administratif et pédagogique. Je suis accueilli par une quinzaine de petits et par leur maîtresse. Tenue bien soignée, propreté irréprochable des lieux et équipements modernisés. Des conditions favorables aux études et à l’épanouissement.
Le premier contact est timide, les tout petits me regardent avec des yeux brillants et malicieux mais qui cachent mal un petit trouble. C’est compréhensible dans la mesure où ce genre de démarche est inusité dans nos écoles et le mérite de cette rencontre en revient à la maîtresse, éducatrice chevronnée, de grande expérience, ouverte aux méthodes pédagogiques novatrices. Elle a vite fait de « briser la glace » et après des mots d’accueil dits dans un français simple et impeccable, l’entretien débute avec un mitraillage de questions. Les petits veulent tout savoir, sur le journaliste d’abord, sa formation, ses diplômes, son travail, les difficultés rencontrées mais également sur les plaisirs. Ils sont bien préparés et font penser à une conférence de presse où le personnage invité se trouve soumis à des questions parfois « délicates ». Les différentes publications sont ensuite examinées et il est permis de penser que les élèves de sixième année « Yasmine » possèdent une idée assez précise sur le journal et le journaliste, sur les reporters photographiques, sur les équipes de rédaction, les rubriques…Sur les magazines et les revues.
Ils ont même posé la question pertinente de l’absence d’une presse pour les enfants dans le pays. Sans que j’aie pu leur en donner une raison.
Reconnaissants, les élèves m’ont remis des cadeaux ; un bouquet de fleurs et un badge confectionné de leurs mains. Certains ont pris la décision qu’ils seraient des journalistes, d’autres n’ont pas été assez motivés.
Mais de l’avis général, la séance a été utile et l’enthousiasme enfantin de ces interviewers en herbe nous a mis du baume au cœur.
A l’issue de cet entretien, les enfants et leur maîtresse se sont engagés à réaliser un journal de l’école et à m’associer à leur travail.
Pour ma part, j’ai promis d’écrire un article sur cette séance de plaisir partagé. Dont acte !

M. Bellakhal

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