Attentats de Paris : Israël s’en prend à nouveau à la Suède

Ambassadeur de Suède en Israël n’est pas une sinécure par les temps qui courent!
Le 16 novembre 2015, Carl Magnus Nesser, l’ambassadeur du royaume de Suède, a encore pris le chemin du Ministère des Affaires Etrangères israélien où il a dû en entendre de belles de la part des représentants d’un Etat qui fait fi de la loi internationale et des décisions de la communauté internationale ! Diplomate veut dire sang-froid. 

Les sionistes du gouvernement d’extrémistes et d’ultra-orthodoxes qui dirigent à l’heure actuelle Israël sont furieux suite à la déclaration de Mme Margot Wallström après les odieux attentats qui ont ensanglanté la Ville-Lumière.
Répondant aux questions des journalistes sur la chaîne publique SVT et alors qu’on l’interrogeait sur le phénomène de la radicalisation religieuse, Mme Wallström a en effet fait part de son inquiétude : «Encore une fois, nous retournons à des situations comme celle du Moyen-Orient, spécialement en ce qui concerne les Palestiniens qui se disent : il n’y a pas d’avenir pour nous, nous devons accepter une situation désespérée ou s’en remettre à la violence.» Elle établissait ainsi un lien entre le désespoir et la terreur à l’heure où les Palestiniens sont soumis aux attaques brutales, mortelles et cyniques de l’occupant sioniste qu’ils affrontent avec des couteaux de cuisine et des tournevis.
Comme, depuis mars 2015, Israël n’a toujours pas de ministre des Affaires Etrangères, le raciste Avigdor Lieberman, l’inénarrable ancien titulaire de ce portefeuille et leader de la droite, s’est cru autorisé à répondre à Mme Wallström, lui qui soutient les régimes serbe et biélorusse, ces parangons de démocratie et de bonne conduite internationale comme chacun sait! Il a prétendu que la remarque de Mme Wallström lui rappelle « la politique suédoise lors de la Deuxième Guerre Mondiale » et la vice-ministre des Affaires Etrangères, Tzipi Hotovely, d’affirmer, comme à l’accoutumée, que la déclaration de la responsable suédoise « frisait l’antisémitisme ». Ce qui amène Gideon Levy (Haaretz, 18 novembre 2015) à rappeler que le suédois Raoul Wallenberg « a sauvé des milliers de juifs durant l’Holocauste, presque plus que n’en a secouru aucun autre pays ». Une fois de plus, les dirigeants israéliens utilisent le terrible drame commis par les Allemands nazis envers les communautés juives européennes pour justifier leurs propres projets racistes et anti-arabes. Même si, note Michel Warschawski, « les terroristes de Paris et de Saint-Denis n’ont pas servi [à Netanyahou] cette fois son plat préféré : l’attaque d’une synagogue ou un attentat dans un Hyper Cacher aux cris de « mort aux juifs » » (L’Humanité, 23 novembre 2015, p. 16).
Un pays-modèle… presque parfait
La morale guide la politique et les relations internationales de la Suède. Ce qui est hélas marchandise rare dans le monde contemporain. Elle donne en effet d’excellentes leçons de politique et d’éthique non seulement à Israël mais même à la communauté internationale. Ce pays a rompu avec la guerre et les conflits armés depuis 1814 (Site de Leaders, 2 novembre 2015). Il a récemment annulé un contrat d’armes avec l’Arabie Saoudite à cause des violations des droits humains de ce pays. La récente condamnation à mort du poète palestinien Achraf Fayad pour « apostasie » n’en est qu’une nouvelle illustration.
Israël, par contre, est un important marchand d’engins de mort, le quatrième au monde. Il n’hésite pas à vendre des armes au Sud Soudan où les conflits ethniques font des ravages. D’une manière générale, l’état hébreu est peu regardant et vend partout sur la planète: Asie, Amérique Latine ou Europe suivant en cela le précepte de l’empereur Vespasien.
Le dimanche 11 mai 2014, les autorités aériennes suédoises ont refusé à l’avion du président sioniste Shimon Pérès le survol de leur territoire alors qu’il était attendu en Norvège pour une visite officielle. Un quart d’heure avant d’entrer dans l’espace aérien suédois, le pilote a contacté les autorités suédoises. Non informées du vol de Pérès, elles ont refusé d’accorder l’autorisation malgré le recours de Pérès à son ministre des Affaires Etrangères qui a essuyé, lui aussi, une fin de non-recevoir.
En octobre 2014, la Suède a été le premier pays de l’Union Européenne à reconnaître l’Etat de Palestine en déclarant : «Le gouvernement considère que les critères de droit international pour une reconnaissance de l’État de Palestine sont remplis : il y a un territoire, une population et un gouvernement», a dit la chef de la diplomatie suédoise Mme Margot Wallström lors d’une conférence de presse. Face à la frilosité de la France et de la Grande Bretagne sur cette question et comme les Etats Unis ont qualifié de « prématurée » la démarche suédoise, Mme Wallström a répliqué : «J’ai peur que [cette décision] vienne plutôt trop tard que trop tôt». Quant à l’extrémiste Lieberman, il n’a rien trouvé de mieux à dire à ce sujet que : «Le gouvernement suédois doit comprendre que les relations au Moyen-Orient sont plus compliquées que le montage des meubles Ikea… »
A l’assaut des hôpitaux palestiniens
Rappelons enfin qu’en août 2009, le tabloïd suédois Aftonbladet a accusé Israël de faire du trafic avec les organes de Palestiniens tués. Fureur de Netanyahou qui a exigé que le gouvernement suédois condamne la publication. Ce dernier a refusé arguant des lois sur la presse du pays.
Aujourd’hui, la police et les espions israéliens – grimée en femme enceinte ou se déplaçant en fauteuil roulant pour tromper – font irruption dans les hôpitaux palestiniens pour enlever des blessés alités – parfois mineurs- et tuer les parents qui les assistent, foulant aux pieds les Conventions de Genève, la légalité et la morale.
Pour les médias israéliens, ces flics et ces espions sont des « héros » !
Pourtant, ne dit-on pas, avec Corneille, qu’ « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » ? Apparemment pas en Israël !
Gideon Levy écrit : « Il n’est pas difficile d’imaginer ce qui arriverait si un terroriste palestinien faisait irruption dans un hôpital israélien, kidnappait un patient alité et tuait le cousin qui s’en occupe. Mais quand l’unité de la police anti-terroriste et le service de sécurité du Shin Bet le font, les Israéliens exultent et applaudissent. La prochaine fois que les propagandistes israéliens se plaindront de l’usage que les Palestiniens font des hôpitaux, il faudrait leur rappeler l’hôpital Makassed de Jérusalem-Est, l’hôpital Al Ahli de Hébron et la clinique privée de Naplouse où nos héros – des agents secrets – ont fait des raids, confisqué, enlevé et tué… Au-delà du ridicule et de la transgression morale, la question posée par le Dr Samir Khayat de Naplouse ne cesse d’être percutante : De votre point de vue, sont-ils des héros ? Oui, Dr Khayat, des héros pour Israël. » (Haaretz, 21 novembre 2015).
Il est clair dans ces conditions que la remarque de Mme Margot Wallström est on ne peut plus juste et que « les protestations » de la diplomatie sioniste sont pure hypocrisie. Et, c’est ainsi que, sous le titre « La droite israélienne se réjouit trop vite », Courrier International (n° 1307, 17-25 novembre 2015, p. 10) d’expliciter à propos des odieux attentats de Paris : « …Le Palestinien se bat pour conserver sa terre et son pays, se débarrasser de l’occupation, exercer son droit à l’autodétermination et à la liberté. Là-bas, le but du jeu est de détruire l’Europe et de la soumettre. Ici la motivation est nationale et politique. Là-bas, c’est le fondamentalisme religieux ».
La ministre suédoise ne dit rien d’autre !

Mohamed Larbi Bouguerra

 

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