Tunisie : la société civile de Menzel Bourguiba aux avant-postes de la lutte contre les pollueurs

La société civile et les associations de protection et de sauvegarde de l’environnement de Menzel Bourguiba font preuve d’un dynamisme renouvelé et d’une vigueur persistante et accrue.

Elles ont constamment un œil vigilant sur les altérations intentionnellement provoquées sur l’environnement et sur les agressions perpétrées à l’encontre du milieu naturel de la région. Sur les réseaux sociaux autant qu’à travers les médias écrits ou télévisés, elles multiplient les communications et dénonciations de « ces crimes contre la nature et contre la société ». Elles ont été parmi les premières et les plus acharnées à dénoncer les rejets de la sucrerie de Bizerte dans le canal, à fustiger cette même entreprise pour s’être délibérément débarrassée de ses déchets sur les bords du lac Ichkeul, entraînant une « visite urgente du gouverneur sur le site pollué ». Elles ont été également à l’origine des manifestations contre le transport du coke par camions et à travers les artères de la ville, ce qui a transformé une grande partie des chaussées en de hideuses zones maculées de noir intense. Leurs efforts, s’ils n’obtiennent pas toujours les résultats escomptés, dérangent et font bouger responsables locaux, régionaux voire centraux. La sucrerie a été vertement tancée et sommée de se conformer au cahier des charges, les transporteurs de coke ont été rappelés à l’ordre…
Aujourd’hui, ces associations se penchent sérieusement sur l’état de délabrement de la zone industrielle de Menzel Bourguiba et sur l’amoncellement des détritus et de saleté autour des portes d’accès à la zone. Hier, jeudi 8 octobre 2015, elles ont provoqué une réunion à la délégation de Menzel Bourguiba qui a réuni les représentants des services techniques de la mairie, de l’ONAS, du PAEB, de l’UTICA, de l’Association tunisienne de la santé et de l’environnement. Un programme de travail et un calendrier d’interventions ont été établis devant permettre, dans une action concertée de débarrasser la zone de toutes les ordures qui « sont autant d’obstacles au développement et à l’attraction des investisseurs ».
Faut-il croire que pour faire bouger les responsables, il faut leur forcer la main ?

M.Bellakhal
 

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