Tunisie-Christine Lagarde : «Trois réformes s’imposent pour pouvoir sortir de la crise»

Compte tenu des atouts du pays, de ses faiblesses et du contexte économique international, la directrice générale du Fonds Monétaire International (FMI), Christine Lagarde, a dressé, ce mercredi 9 septembre 2015, un bilan de l’économie tunisienne.

Trois réformes s’imposent, selon Mme. Lagarde, pour pouvoir sortir l’économie du pays de la crise aigüe qu’elle traverse, à savoir un budget orienté vers la croissance, un système financier robuste et efficace et une amélioration du climat des affaires.
Pour le budget, Lagarde a pointé du doigt la faiblesse des dépenses d’investissement par rapport aux dépenses de fonctionnement, et notamment la masse salariale, dont le rapport sur le budget est « l’un des plus élevés au monde ». Selon Mme. Lagarde, le gouvernement tunisien aurait du tirer profit de la baisse enregistrée ces derniers mois dans les cours des hydrocarbures pour investir au lieu d’augmenter les salaires de la fonction publique.
S’agissant du système financier, Mme. Lagarde considère qu’il a été un des principaux freins à la croissance. Elle a appelé à doubler le contrôle des situations financières avec plus grande ouverture à la concurrence, soulignant que la recapitalisation en cours des banques publiques (40% du secteur bancaire) est « un pas » dans le sens de la consolidation du système financier.
En ce qui concerne le climat des affaires, la directrice générale du FMI n’y est pas allée par quatre chemins et a accablé l’administration tunisienne, jugée « tatillonne et complexe ». Elle a évoqué, à titre d’exemple, un délai moyen de 94 jours pour obtenir un permis de construire.
Mme. Lagarde a appelé, dans ce contexte, l’administration tunisienne à simplifier, éliminer, clarifier et changer les habitudes et à faire preuve de créativité, soulignant que l’amélioration du climat des affaires ne signifie pas nécessairement la mobilisation de moyens financiers importants.

Investir En Tunisie

 

Articles similaires