Hassen Zargouni : un élève du primaire coûte au budget de l’Etat tunisien 1 232 dinars

Dans un poste publié mardi 8 septembre 2015 sur sa page Facebook, le président de Sigma Conseil, Hassen Zargouni, a donné des chiffres inquiétants sur l’évolution du coût de la scolarité en Tunisie, et plus particulièrement au cours des 10 dernières années.

« Chiffre du jour : Un élève du primaire coûte au budget de l’Etat tunisien 1 232 dinars en 2014 contre un coût de 1 007 dinars en 2009 et 620 dinars en 2004. Le coût a doublé en 10 ans. Dans les écoles primaires privées de Tunis, le coût de la scolarité est de l’ordre de 1 800 dinars et l’école française coûte près de 4 000 dinars par an par élève du primaire à Tunis aux parents.
En France, un élève du primaire coûte 12 500 dinars, soit 10 fois plus qu’en Tunisie et près de 7 000 dinars au Maroc, un pays en cours de rattrapage scolaire.
Il en ressort essentiellement 3 points :
1- Le coût relatif généré par un élève en Tunisie est bas. Sur le plan quantitatif le rendement est relativement bon. Ceci est du paradoxalement à l’existence d’un patrimoine scolaire (établissements) très dense et bien capillaire, c’est le fruit des investissements publiques lourd des années 60 et 70 dont on tire aujourd’hui encore les dividendes quantitatifs.
2- L’augmentation importante du budget moyen alloué à chaque élève du primaire depuis une dizaine d’années n’a pas eu comme corolaire visible et mesurable d’une augmentation du niveau des apprenants (enquête PISA…).
3- Reste la qualité, et pour ça il faut atteindre probablement des paliers supérieurs. Le budget alloué par élève du primaire est en constante augmentation, une augmentation lente. Elle est principalement due à l’augmentation de plus de 100% du budget de fonctionnement (qui passe de 1.6 milliards de dinars en 2004 à 3.5 milliards de dinars en 2014) constitué essentiellement de la masse salariale des enseignants.
Conclusion : Un meilleur rendement des instituteurs, plus de formation des formateurs, moins d’absentéisme, plus d’efficacité (aménagement des horaires et des programmes scolaires) sont à même à améliorer le rendement global des enseignants et donc de meilleurs résultats pour les élèves. Mais il n’en demeure pas moins que les conditions de travail des maîtres d’écoles (investissements dans la réhabilitation matérielle des écoles) et l’amélioration de leurs émoluments constituent une urgence. Une urgence où l’élève ne doit pas être mis en otage.
A rappeler que vu la conjoncture, la part de l’éducation dans le budget de l’Etat a baissé de 15.3% en 2009 à 13.6% en 2014 ».

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