Tunisie-Ben Sedrine : le gouvernement continue à entraver le travail de l’instance

Un séminaire régional sur la justice transitionnelle a été organisé, samedi dernier à Bizerte, par le réseau régional de la justice transitionnelle et l’unité nationale. Sihème Ben Sédrine, présidente de l’Instance Vérité et Dignité en a présidé les travaux.

Dans une allocution d’ouverture, elle a dénoncé dans des propos devenus éculés et redondants le projet de loi sur la réconciliation nationale proposé par le chef de l’Etat, considérant cette initiative comme « un crime contre les droits du peuple tunisien et qui ne fera que consacrer la machine de la corruption et de la dictature ». Mme Ben Sédrine a accusé le gouvernement de chercher à « bloquer le travail de l’Instance » en différant à l’infini la nomination d’un représentant de l’Etat au sein des réunions d’arbitrage de l’Instance. La présidente de l’IVD a indiqué, en la circonstance, que l’Instance a préparé quelque 250 dossiers de conciliation restés sans instruction à nos jours.
Mme Ben sédrine a également souligné « l’effet pervers » du projet de loi de la réconciliation économique ne peut que « ruiner » le processus de la justice transitionnelle en entravant les actions de l’IVD et en contrecarrant ses engagements d’ établissement de la vérité et de recherche des transgressions de la loi durant les six dernières décades.. Mme Ben Sédrine a indiqué que ses services avaient reçu quelque 15700 plaintes dont la plupart concernent la corruption. La présidente de l’IVD a rappelé les missions de l’Instance qui concernent également la réforme des institutions, les dédommagements, la réhabilitation et le devoir de mémoire.

M. BELLAKHAL
 

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