Taieb Baccouche : « il n’y aura pas de base américaine en Tunisie ! »

Taieb_Baccouche.jpgLes relations entre Alger et Tunis traversent actuellement une zone de turbulences qui peur augurer de lendemains difficiles entre les deux pays voisins frères.

Les signes de tension se sont révélés après que la Tunisie a obtenu le statut d’allié de l’OTAN. Depuis, les voisins de l’ouest n’ont fait que multiplier leur légitime « méfiance » à l’égard d’un tel privilège qui « n’annonce rien de bon pour la région ». S’ensuit un attentat terroriste meurtrier contre les forces armées algériennes, puis un pavé lancé dans la mare par Nicolas Sarkozy qui a exprimé, à partir de Tunis, « son inquiétude et sa préoccupation quant à l’avenir de l’Algérie, propos rejetés et condamnés par toute la classe politique algérienne qui ne cherche pas à ménager les autorités tunisiennes, leur reprochant de « tolérer qu’un trublion de petite envergure puisse se permettre de tels écarts ». Les informations persistantes que la Tunisie pourrait offrir son sol pour l’implantation d’une base US ont fini par venir à bout des quelques sceptiques.
Les ballets diplomatiques et déclarations de démentis des responsables tunisiens destinées à rassurer les autorités algériennes ne font jusqu’ici que les renforcer dans leurs convictions d’un « complot impérialo-sioniste » que l’on ourdit contre eux, avec la complicité de leurs frères historiques.
Concernant la question de la base militaire américaine à implanter sur le sol tunisien, à quelques encablures du sol algérien, Taieb Baccouche, ministre des Affaires étrangères tunisien est venu affirmer que rien de tout cela n’était vrai, que les USA n’avaient jamais proposé un tel projet et que toute cette cacophonie était destinée à « créer la polémique et à saper les relations entre les deux pays ». Il est cependant de bon temps de rappeler au chef de la diplomatie tunisienne que nul ne saurait occulter ni démentir la volonté et la détermination des USA de chercher à s’installer dans la région et il n’est un secret pour personne qu’ils ont longtemps exercé une pression sur l’Algérie pour qu’elle accepte l’installation d’une base militaire américaine sur son sol. Les refus d’Alger d’un tel projet ont été catégoriques, constants et obstinés.
Face à cette résistance algérienne à ce projet à dimension géostratégique indéniable, les Américains ne peuvent que se rabattre sur la Tunisie avec la quasi-certitude que cette dernière n’a ni la force ni la possibilité encore moins le courage de lui opposer la moindre résistance. Outre cela, les Américains sont reconnus comme maîtres dans le maniement de la carotte et du bâton. A cet égard, l’évolution des événements semblent conforter les Algériens dans leur attitude d’hostilité ouverte envers le projet, quelles que soient les explications et arguties avancées par le chef de la diplomatie tunisienne qui, sans sourciller, met en avant l’ « excellence des relations algéro-tunisiennes » qui ne sauraient souffrir « d’aucune tension ni de conflit conséquemment au statut accordé à la Tunisie par l’OTAN » il conteste de ce fait « le froid » relevé dans les relations entre l’Algérie et la Tunisie et rappelle les concertations politiques menées au plus haut niveau, l’existence d’une coopération continue et assidue dans tous les domaines. Le chef de la diplomatie tunisienne qui s’exprimait dans le cadre d’un entretien au quotidien arabophone Al Chourouq a mis en exergue la conjugaison des efforts et la convergence des vues entre Alger et Tunis pour le règlement de la crise libyenne, réitérant cette formule aujourd’hui consacrée que « la victoire de la Tunisie sur le terrorisme est aussi une victoire pour l’Algérie ».
M. BELLAKHAL

Articles similaires