Tunisie : l’attentat de Sousse dans la presse étrangère

Les dysfonctionnements du dispositif de sécurité, si tant est qu’il en y ait un, sont pointés du doigt par nombre de journaux étrangers, lors de l’attentat sanglant contre un établissement hôtelier de Sousse (38 morts).

Autant Le Dauphiné Libéréque le Bien Publicse demandaient si la sécurité était aux abonnés absents et pourquoi les forces de l’ordre avaient mis si longtemps pour réagir faisant remarquer que la région était « encerclée de postes de police ». Selon les deux quotidiens qui rapportent plusieurs témoignages de citoyens « il y a eu problème » : le terroriste était très à l’aise, écrivaient-ils, et déambulait tranquillement au milieu des touristes alors qu’entre 40 et 45 minutes s’étaient écoulées avant l’arrivée des renforts, information infirmé par le ministère de l’Intérieur qui assurait que « les renforts étaient arrivés 7 à 8 minutes après le début de l’attaque ». Les journaux rapportent des témoignages sur le refus d’agents de sécurité d’intervenir contre le criminel et de tirer « par peur » assuraient-il. Ils ont également publié les photos d’habitants ayant formé un bouclier humain pour protéger un hôtel.
Pour l’Institut de Recherches Internationales et Stratégiques (IRIS), la Tunisie a payé le prix d’une succession d’erreurs. Le bulletin d’informations met en relief le « paradoxe» d’une Tunisie libérale et envoyant le plus grand contingent jihadiste au MO. Le journal souligne le rejet massif par les Tunisiens du terrorisme qui, toutefois « commencent à voir les limites et les ratés » de la politique sécuritaire. Pour ce média en ligne, met en cause l’ancien régime qui « a favorisé l’émergence du phénomène » et la portée absolue et sans restriction de l’amnistie générale à tous les prisonniers d’opinion y compris ceux condamnés pour terrorisme. Tout en indiquant que le terrorisme en Tunisie est une conséquence directe de l’intervention franco-britannique en Libye, le journal incrimine le laxisme des islamistes au pouvoir face aux jihadistes salafistes et met en exergue l’échec relatif du pouvoir actuel, dû selon les analystes de l’IRIS à « son manque d’anticipation. »
L’Humanité rapporte les propos de Tunisiens voulant bien « croire à une riposte au terrorisme » mais « s’en remettant à Allah » pour protéger le pays, la police, disent-ils, n’étant pas prête à cela.
La Nouvelle République, journal en ligne français annonce un renforcement du dispositif de sécurité mais n’exclut nullement la possibilité de nouvelles attaques.

M. BELLAKHAL

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