Tunisie-Guerre contre le terrorisme : compter sur nous-mêmes ?

En examinant les différentes attaques terroristes de l’islamisme radical et de son bras armé daeshien, force est de constater que la globalisation de la terreur est au cœur de sa stratégie.

L’évidence est frappante que les musulmans en sont les premières victimes. Et à y regarder de plus près, qu’il soit en France (Saint- Quentin-Fallavier) ou sur les différents lieux de combat, le modus operandi est presque similaire avec assez souvent des signatures macabres de têtes décapitées laissées sur le théâtre des opérations. Ou encore des carnages exécutés par quelques « loups solitaires » dont l’horrible efficacité n’a d’égale que la froideur de leurs auteurs. Certes, l’on parle de concert, aux plus hauts niveaux de ces sociétés meurtries, d’une « indispensable solidarité » face à ce terrible fléau. En témoigne le communiqué commun de François Hollande et de Béji Caïd Essebsi indiquant une « intention de poursuivre et d’intensifier leur coopération dans la lutte contre ce fléau ». Dans le même temps, des condamnations fermes et instantanées sont parvenues de Bruxelles où se trouvaient réunis les dirigeants européens. Faut-il s’en réjouir ? C’est bien sûr rassurant de voir cette détermination de ne pas céder au terrorisme et d’éviter que la peur se mondialise.
Cependant ! Outre le fait que cet odieux attentat de Sousse jette une lumière crue sur les dissensions internes qui minent le pays, sur ses problèmes sociaux, identitaires et sécuritaires dont on cherche à nous convaincre de leur acuité et de leur insolubilité, il vient nous avertir encore une fois que le pire est à venir si des actions ne sont pas entreprises dans le sens de profondes et urgentes réformes. Car les attaques terroristes de Sousse précédées de celles du Bardo, déjà, annonçaient, sans que nous en ayons pris conscience, la perte dans les sables de nos belles constructions géopolitiques, réalisées au lendemain de la révolution du 14 janvier. Des constructions qui apparaissent aujourd’hui autant de mirages à cause de la folie meurtrière des terroristes qui, aujourd’hui, montrent leur potentiel de nuisance et leur capacité de frapper où bon leur semble.
Face à la montée des périls, le pays donne l’image d’un avion sans pilote. Un président tacticien certes mais âgé et malade ; un premier ministre simple exécutant sans relief et surtout sans projet, sans soutien politique. Un pouvoir amateur qui multiplie les bourdes, tel le dernier deal conclu avec Fajr Libya pour l’échange du terroriste libyen contre les dix diplomates pris en otage, un parlement divisé, attentiste reflétant à la perfection les tiraillements idéologiques des partis qui le composent.
Quant au plan sécuritaire, la situation ne paraît pas plus brillante. Les dysfonctionnements apparaissent, après chaque action terroriste, toujours plus graves, les mésintelligences plus profondes, presque insurmontables entre les différentes forces de sécurité. Sans oublier le manque flagrant de matériels qui prive les forces anti terroristes des moyens de lutte efficaces. Ni les USA, ni les Emirats Arabes Unis, ne semblent aujourd’hui dépasser le stade des promesses quant à la livraison ou le financement du matériel et de l’équipement sécuritaire adéquat, déjà promis. Quant à la France, elle semble, par la voix de son président, se limiter aux vœux pieux, aux bonnes paroles et aux promesses creuses.
Et il paraît de plus en plus clair et urgent que l’on ne doive compter que sur nous-mêmes.

M. BELLAKHAL
 

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