Al Watan : «L’Algérie a une dette historique envers La Tunisie»

La décision de la diplomatie tunisienne de fermer son consulat général à Tripoli a été à l’origine d’un commentaire du journal algérien Al Watan, dans son édition d’hier, dimanche 21 juin 2015.

L’auteur, Taïeb Belghiche, y voit un résultat de l’exaspération des autorités tunisiennes par « les agressions récurrentes contre son corps diplomatique en Libye ». Il souligne le caractère d’autant plus incompréhensible de tels actes perpétrés par les milices islamistes de Fajr Libia que la Tunisie ne s’est jamais immiscée dans les affaires libyennes depuis la mort de Gaddafi.
Le journaliste relève que le terrorisme s’est trouvé plongé, à son corps défendant, dans un tourbillon de terrorisme dont il aurait pu se passer, n’étant nullement préparée, ni matériellement ni psychologiquement, à l’affronter. Pour M. Belghiche, cette situation périlleuse de la Tunisie est due au succès de son expérience démocratique qui lui a créé des ennemis parmi les monarchies arabes tout particulièrement que la seule évocation du mot démocratie leur provoque « une poussée d’urticaire ».
L’auteur souligne que la démocratie est perçue comme une « sérieuse menace » pour les systèmes politiques médiévaux de ces pays, constamment disposés à l’empêcher, y compris par les moyens violents du terrorisme. Le journaliste évoque, dans le sillage, la douloureuse expérience de l’Algérie dont le processus démocratique entamé en 1988 a été littéralement contrecarré par les « frères » arabes, lesquels « ont utilisé un agent intérieur, le FIS, et des moyens terroristes pour empêcher le pays d’accéder à une ère de liberté et de démocratie. Ces « frères », assure le journaliste ont financé tous les bras armés et des organisations terroristes criminelles pour mettre l’Algérie à feu et à sang.
Pour le commentateur, la Tunisie subit aujourd’hui la même hostilité, principalement de la part des monarchies du Golfe et il lui prédit d’énormes difficultés économiques et des souffrances. Pour lui, « l’Algérie a un rôle fondamental à jouer pour sauver la Tunisie », une dette historique à son égard pour le rôle joué pendant la guerre de libération. Et le journaliste d’exhorter les Algériens de « renvoyer l’ascenseur, d’autant qu’une déstabilisation de la Tunisie aura des conséquences négatives sur [notre] sécurité intérieure »

M. BELLAKHAL

 

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