Tunisie-Pétrole : la vérité sur le test de longue durée

La campagne « Winou el pétrole » n’a cessé d’évoquer des questions techniques sur la corruption et la mauvaise gouvernance dans le secteur pétrolier en Tunisie.

En effet, le test de longue durée, étant un détail technique, a engendré des commentaires mitigés d’où l’importance d’enquêter sur le sujet.
La question de test de longue durée a été évoquée lundi 08 juin à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), lors de la séance d’audition du ministre de l’Industrie, de l’Energie et des Mines, Zakaria Hamad, et ce, en présence des deux commissions de « l’industrie, de l’énergie, des ressources naturelles, de l’infrastructure de base et de l’environnement » et de « la réforme administrative, de la bonne gouvernance, de la lutte contre la corruption et du contrôle de la gestion des finances publiques ».
D’après une panoplie d’experts et de spécialistes du secteur pétrolier, le test de longue durée est une pratique courante dans le secteur à travers le monde entier. Il doit être demandé par l’organe régulateur (l’ETAP (Entreprise tunisienne d’activités pétrolières) pour le cas de la Tunisie) et a pour objectif l’appréciation de toute découverte (réserves en place, réserves pouvant être récupérées…). Ces données seront les paramètres essentiels pour déclarer l’économicité de telle découverte ; c’est la phase la plus importante dans la mesure des résultats fiables sur la capacité réelle du champ et éviter par conséquence la chute des quantités produites après une certaine période.
L’ETAP a refusé parfois des demandes de concession de la part des partenaires privés tout en instaurant le test de longue durée par mesure de prudence et ce en exigeant des travaux d’appréciation complémentaire afin de s’assurer davantage sur les quantités en place.
Le test de longue durée est régi par un accord liant l’ETAP à l’opérateur privé. Cet accord doit être approuvé par la DGE (Direction Générale De L’Energie) et doit être conforme avec la loi et la convention initiale. Il y a lieu de préciser que la Convention ne fixe pas de limite pour la durée du test et laisse à l’ETAP, en tant que représentant de l’Etat, le soin de faire l’arbitrage technique sur la durée du test, le cas échéant.
Pour les modalités de la vente du pétrole produit lors du test de longue durée, l’ETAP exige de contrôler la production par le biais du suivi de l’ensemble du circuit à partir du champ pétrolier et jusqu’au port d’exportation. En fait, l’ETAP prend en charge la vente du pétrole stocké au port et verse par la suite la valeur du quota du partenaire privé après avoir prélevé sa commission.
De toute façon, le contrôle douanier des différents ports (Bizerte, Skhira et Zarzis) est capable de bloquer toute tentative de vente du pétrole brut non conforme à la procédure ou non comptabilisé.
Il y a lieu de préciser que les parties prenantes du secteur et surtout l’ETAP doivent améliorer leurs stratégies de communication afin de tirer toutes les leçons de cette polémique qui a affecté le secteur énergétique et qui a fait du mal à la croissance économique de notre pays.

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