LCP diffuse un documentaire catastrophiste sur la Tunisie

La chaîne d’informations en continu LCP a diffusé le 25 mai 2015 un documentaire signé Nicolas Beau (la régente de Carthage) et Philippe Rouault, intitulé « Tunisie, la transition inachevée ». Diffusé à une heure de grande écoute, il traite de différents problèmes vécus par la Tunisie postrévolutionnaire, tels la crise économique, les défis sécuritaires ou les désirs d’émigration des jeunes.

Le film a été tourné avant les élections de fin 2014. Il dresse un portrait limitatif du pays en parcourant essentiellement des régions sensibles Zarzis, Kairouan, Sidi Bouzid et donne la parole à des citoyens issus de ces contrées qu’il qualifie d’« oubliées ». Zooms et focalisation sur les amas de détritus et commentaires sur « le désastre écologique en préparation ». Insistances sur la crise économique et sur une économie de contrebande affublée du nom d’Islamo-trabendisme qu’ « un Etat absent ne contrôle plus ». Polarisation sur les jeunes au chômage qui arrivent à « regretter le temps de Ben Ali » (sic !). Concentration sur « les sentiments désabusés de délaissement des villes de l’intérieur par rapport aux villes côtières.

Les auteurs assurément mus par des soucis d’objectivité médiatiques poussent le bouchon et n’épargnent aucun détail pour décrire « une économie plombée et fonctionnant au ralenti » ou pour monter en épingle « des salaires de misère et un taux de chômage dépassant de loin celui de l’ensemble du pays. Rien que pour expliquer (et justifier ?) la pratique du commerce parallèle auquel s’adonne la population de Sidi Bouzid. Le film s’engage, sans autre forme de procès, sur les grandes routes de « la contrebande tunisienne » et, l’occasion étant propice, donne la parole aux conducteurs de deux camions de contrebande pour expliquer dans le détail et dans une liberté totale le déroulement du trafic des marchandises en tous genres mais également du carburant d’Algérie. Un « business » lucratif auquel les auteurs du film associent les chefs de la police et de la garde nationale. Des régions désertées par les investisseurs, la contrebande de produits subventionnés, le marché noir expansif et tentaculaire et une myriade de défis auxquels il faudra ajouter les risques sécuritaires grandissants que BCE aurait à résoudre, rapportés et décrits par le ministre de l’intérieur…. Rachid Sfar (sic !)
Problèmes économiques, clivage politique et social, terrorisme….sur fonds de polémiques entre les forces politiques, pour les réalisateurs du documentaire, la Tunisie n’est pas sortie de l’auberge, si on lit entre les images et que l’on prend les propos au tout premier degré. Et ce n’est pas les paroles d’un photographe en fin de film «Les tunisiens sont heureux mais ils ne le savent pas encore » qui peuvent tempérer le catastrophisme savamment entretenu par les reporters.

M. BELLAKHAL

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