Tunisie : la maison des associations d’Hammamet ou le pathétique destin d’un projet en ballottage absurde

Pas moins de 25 associations, composantes intégrantes de la société civile hammamétoise, se trouvent, aujourd’hui, confrontées à un problème de domiciliation réelle.

Pourtant, la solution est là. Un don en bonne forme, octroyé par l’Union Européenne est, actuellement, à la disposition des instigateurs du projet de réaménagement, de restauration et d’équipement d’un local contigu à l’hôtel Yasmina au centre d’Hammamet afin qu’il serve de maison d’accueil à ces associations au nombre de 25 certes, mais dont une seule se positionne, pratiquement, comme chef de file et interlocuteur patenté auprès des bailleurs de fonds étrangers et des autorités locales. Il s’agit de l’Association de l’Education Relative à l’Environnement (AERE), qui selon Ridha Mankaï et docteur Salem Sahli, respectivement, président et secrétaire général, opère dans le cadre d’un pacte de réseau associatif créé, spécialement, à cet effet.
Le projet consiste en la récupération et la réhabilitation d’un bien foncier d’une superficie totale de 1000 m2, sis à la rue Farhat Hached à Hammamet, propriété de la mairie de la ville et plus connu sous l’appellation de « Dar Linglizia » (maison de l’Anglaise). Les lieux sont aujourd’hui, dans un état de vétusté avancé pour ne pas dire en délabrement total. Il est même, en partie, squatté par un citoyen démuni qui pourrait y rester à la fin des travaux et serait engagé comme gardien. Les travaux concerneront la remise en état et l’embellissement de la surface couverte et des jardins ainsi que la mise en place des équipements nécessaires au bon déroulement des activités des associations. Aucune démolition n’est envisagée. Pour la réalisation de ce projet ambitieux et valorisant pour la ville d’Hammamet et de son tissu associatif, un don de 50 000 euros, alloué par l’UE. Ce don tombera, inéluctablement, en caducité, s’il n’est pas utilisé dans les délais impartis. Et c’est, apparemment, là où veulent arriver les membres de la délégation spéciale d’Hammamet qui jettent un doute sur l’origine des fonds transférés, pourtant dans la légalité, par l’Union Européenne et dont les bénéficiaires locaux s’engagent, par souci de transparence, d’en informer, dans les moindres délais, le secrétariat général du gouvernement.
Le projet se trouve donc, en plein centre de tiraillements qui impliquent, d’une part, une délégation spéciale qui bloque le projet et d’autre part, une société civile volontaire et performante à souhait. Le président de la délégation spéciale, seul élément récalcitrant à cette ineptie collégiale, estime que, légalement, il n’est pas habilité à prendre des décisions unilatérales et pense s’en remettre au gouverneur de Nabeul qui lui, non plus, ne peut, légitimement, user d’un pouvoir discrétionnaire administratif à l’égard d’un conseil de collectivité locale. Entretemps, la crédibilité du projet et celle de ses dépositaires auprès de l’Union Européenne risque de se retrouver, sérieusement, entamée et les associations d’Hammamet de rester sans domicile fixe pour une durée que bien malin celui qui saura en définir les limites.

M.Y
 

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