Tunisie : à Bizerte, une catastrophe nommée Oued Harraga

Oued Harraga est une petite rivière bizertine qui tient sa mauvaise réputation des énormes nuisances visuelles, olfactives, écologiques qu’elle provoque.

Naguère, elle suivait son petit bonhomme de chemin dans la discrétion, mais elle a été rattrapée, à son corps défendant, par l’homme qui en a investi les rives et l’a étouffée sous un déluge de béton. Elle s’en est défendue, en vain.

Aujourd’hui, elle se venge comme elle peut. Après avoir quitté sa « source » elle traverse, mine de rien, en catimini, la cité résidentielle d’Al B’hira, une bonne partie de la cité éponyme, les immeubles de Sidi Salem, coupe à travers la cité de la municipalité, faisant au passage un clin d’œil malicieux et provocateur à une prestigieuse unité hôtelière avant d’aller se jeter dans la mer de Sidi Salem.
En fait, elle n’a pas le temps d’y parvenir, les sables de l’immense plage se chargeant d’absorber une quantité des eaux nauséabondes que l’homme abandonne sans relâche dans son lit. Un lit qui a été couvert par un immense dalot en amont mais que l’on a laissé à ciel ouvert en aval. Ce qui offre un spectacle repoussant, des odeurs pestilentielles, une armée de moustiques. Sur la plage, les eaux charriées forment un cloaque immonde et puant que certains promeneurs enjambent sans formalités. La situation est bien complexe, car on voit mal comment l’on pourrait trouver une solution. Mais ceci ne doit pas empêcher que l’on se penche sur cette catastrophe écologique qui s’annonce et qui se complique chaque jour davantage.

M. BELLAKHAL

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