Noam Chomsky dénonce l’Occident

Noam Chomsky (86 ans) n’est plus à présenter. L’un des plus grands intellectuels du monde, linguiste et anarchiste, il s’est assigné pour mission de combattre toutes les injustices.

Dans une interview qu’il a accordée à Euronews, le professeur émérite de linguistique au prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) a exprimé son désarroi et son pessimisme le plus noir quant à l’état du monde en 2015. « Au niveau mondial, nous courons vers un précipice : nous ne pouvons que chuter dans l’abîme, ce qui réduit fortement nos chances d’une survie décente », a-t-il asséné. Le précipice en question, selon lui, est d’abord environnemental. « [Nous courons] vers une catastrophe écologique imminente » et nucléaire « une menace toujours croissante » dit-il, ajoutant que c’est miracle si nous y avons survécu. Concernant ce dernier point, le philosophe, tout en soutenant le principe de discussion avec l’Iran de son programme nucléaire, n’en accuse pas moins les USA et Israël d’être les deux seuls états au Moyen-Orient à « multiplier en permanence les agressions, la violence, les actes terroristes, les actes illégaux ». Les armes nucléaires de ces deux états ne sont guère prises en compte. S’appuyant sur les résultats de sondages internationaux, Chomsky avance que « ces deux pays sont considérés comme la plus grande menace à la paix mondiale » mais que les médias américains se gardent bien de publier cela.
Evoquant les efforts d’Obama de chercher à réduire la menace nucléaire par la finalisation de l’accord avec l’Iran, le polémiste n’hésite pas à réfuter cette idée, accusant le président étasunien de vouloir plutôt « moderniser les armes nucléaires américaines et de favoriser plutôt l’expansion du système nucléaire » en y investissant des sommes colossales. Répondant à une question sur les connivences israélo-américaines et la protection abusive et déraisonnable des USA à l’état sioniste, Chomsky pense que les USA ne font que mener des actions dangereuses pour Israël. A cause de la politique américaine soutenant Israël, ce dernier est maintenant « le pays le plus détesté et craint au monde ». Les gouvernements successifs de cet « état voyou » (sic !) ont toujours préféré l’expansion territoriale à la sécurité, « cela conduira assurément à une dégénérescence interne, à la colère, à l’opposition, à l’isolement et à la destruction ultime éventuellement ». En soutenant ces politiques, les USA contribuent à la menace à laquelle Israël se trouve confronté, a expliqué le philosophe.
Abordant le problème du terrorisme, Chomsky affirme que « la pire campagne terroriste dans le monde est de loin celle qui est orchestrée à Washington même. C’est une campagne mondiale d’assassinat. Il n’y a jamais eu de campagne terroriste de cette échelle » et d’assurer que face à ces actes de terreur étasunienne, les gens vont réagir et se venger. Quant à l’Europe et ses rapports avec les Etats-Unis, Chomsky assure qu’elle en est la servante et qu’elle est trop lâche pour adopter une position indépendante, assénant cette terrible métaphore « Quand les maîtres rugissent, les serviteurs se couchent. »
Quant à la poignée de main d’Obama avec le président cubain, Chomsky l’explique par le désir de Washington de briser l’isolement dans lequel il s’est enfermé.
« Mais qu’est-ce qui vous donne de l’espoir ? » a fini par interroger la journaliste. « L’indépendance acquise de l’Amérique latine, vis-à-vis des USA, des signes d’optimisme viennent également de Syriza (parti politique grec de gauche, au pouvoir, NDLR) et de Podemos (parti politique espagnol fondé en 2014, NDLR) « Espérons qu’il y ait enfin un soulèvement populaire contre les écrasements, les politiques économiques et sociales destructrices qui viennent de la bureaucratie et des banques. » a conclu M. Noam Chomsky.

M. BELLAKHAL
 

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