Tunisie : l’exemple qui vient d’en haut

La chose pourrait paraître inédite voire insolite. Le gouverneur de Bizerte, en personne, dirigeant une opération d’enlèvement de déchets de jardins dans la cité relativement huppée de La Corniche de Bizerte.

Pour être de condition aisée, on n’en est pas moins pollueur ni plus respectueux de l’environnement et des lois. Face à un phénomène social en voie de s’ériger en règle commune, un fléau qui se moque de la santé des collectivités, face à l’inefficacité de la sensibilisation, l’inutilité des avertissements, le dédain affiché des règlements et des arrêtés, il a semblé que le premier responsable de la région ait décidé de prendre le taureau par les cornes et d’aller « affronter » les contrevenants parmi ceux qui violent l’environnement sans vergogne et au mépris de tous.
Accompagné des forces de l’ordre et des agents de la police municipale, le gouverneur a passé l’après-midi du vendredi à superviser les procès-verbaux dressés à l’encontre des fautifs et à soutenir les agents chargés de la propreté dans leur tâche ardue et titanesque d’enlèvement de toutes sortes de détritus et déchets ménagers, de jardin ou de construction.
Le geste est assurément à saluer. Il donne un exemple de ce qu’un haut responsable pourrait entreprendre afin de stimuler les ardeurs de la lutte contre ces comportements contre nature. Cependant, limitée dans le temps et dans l’espace, l’attitude de %. M’naouar Ouertani, pourrait ne susciter que des sourires ironiques si elle n’est pas systématisée et surtout consolidée par la force de la loi qui devra être appliquée avec une extrême rigueur.
Car, hélas, l’expérience montre que certains Tunisiens craignent par-dessus tout qu’on touche à leur porte-monnaie.

M. BELLAKHAL
 

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