Tunisie-Ezzeddine Saïdane : «ramener les investisseurs et engager des réformes, conditions de la relance»

Ezzeddine Saïdane, ancien vice-président de la BIAT et ex-directeur général de la filiale de l’Arab Banking Corporation, a répondu aux questions du journal en ligne les Echos.fr, à la veille de la visite d’Etat qu’effectue, aujourd’hui et demain, le président Béji Caïd Essebsi en France.

M. Saïdane estime que l’attentat du musée du Bardo« a cassé le début d’un tournant » mais non une dynamique réelle. Il a brisé, selon l’expert, une image de la Tunisie qui était en voie de s’engager dans une ère de stabilité politique. Cette attaque a révélé, dit-il, le degré de vulnérabilité du système sécuritaire, mais, nuance-t-il, la « bonne » réaction du pouvoir politique a réussi à faire évoluer la perception du pays dans les médias internationaux. M. Saïdane reproche cependant au pouvoir une certaine indétermination et une absence de vision.
A la question de savoir quel impact ces derniers événements ont eu sur l’économie du pays, le financier avertit que tous les indicateurs demeurent au rouge et la situation économique fragile. Pour autant, déclare-t-il, l’économie n’est pas en situation d’effondrement et peut être redressée. Il faudra pour cela, préconise-t-il, des mesures urgentes et des réformes structurelles. Le seul moyen de relancer l’économie, selon M. Saïdane, est de ramener les investissements, locaux et étrangers en lançant les réformes indispensables en matière de fiscalité, de politique de compensation, de système financier et bancaire, en matière d’éducation et de santé.
Concernant la visite d’Etat de BCE à Paris, M. Saïdane pense que la France pourrait accomplir un certain nombre de gestes comme la transformation en investissements de la totalité ou d’une partie des dettes, à l’instar de l’Allemagne et de l’Italie. Comme elle pourrait réaffirmer son soutien financier en octroyant à la Tunisie des dons ou des crédits à taux bonifié. M. Saïdane estime peu probable que la Tunisie demande l’annulation de sa dette, ayant toujours mis un point d’honneur à honorer ses engagements.

M. BELLAKHAL
 

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