La DG de l’inspection du travail : une hausse des salaires mettra la Tunisie en faillite

La Tunisie fait face cette année à des mouvements sociaux sans précédent. Bas des salaires, conditions de travail, privatisations, pertes d’emplois…, les raisons de la colère ouvrière sont toujours nombreuses.

Selon les statistiques de la direction générale de l’inspection du travail et de la réconciliation au sein du ministère des Affaires sociales, cette vague a touché le secteur public ainsi que le secteur privé. Durant les 10 premiers mois de 2014, 197 entreprises (169 privées et 28 publiques) ont été touchées par ces grèves. Ce chiffre est en hausse de 16% par rapport à 2012 et 2013. On enregistre également une hausse de 72%, par rapport à la même période en 2013, des journées de travail perdues à cause des grèves.
Selon la même source, la fonction publique a enregistré, durant les dix premiers mois de 2014, 31 grèves, contre 21 en 2013 et 18 en 2012. 49% de ces grèves étaient illégales. Par ailleurs, le nombre des sit-in a doublé pour atteindre 26, contre 11 en 2013.
La publication de ces statistiques coïncide avec une nouvelle vague de protestations (légales et illégales) qui touche un bon nombre de ministères, établissements publics et des secteurs sensibles. Toujours selon le rapport de la direction générale de l’inspection du travail, cette vague de protestation a fortement touché l’économie tunisienne qui se trouve incapable d’annoncer une reprise très attendue.
« La grève est un droit pour chaque Tunisien, mais toujours dans l’intérêt du pays et selon la loi. Aujourd’hui, la Tunisie paie une lourde facture à cause de ces grèves. Ainsi, chaque grève dans cette période délicate, notamment, avec l’approche des élections présidentielles, signifie un pas en arrière. C’est, entre autres, un facteur qui augmente le déficit budgétaire et l’aggravation de la dette extérieure, et par la suite la baisse de la note souveraine du pays », a encore précisé la DG de l’inspection du travail.
Dans ce même contexte, la DG de l’inspection du travail considère que le gouvernement de Mehdi Jomâa est un « gouvernement des élections ». Sa principale tâche consiste à suivre la feuille de route de l’UGTT (Union générale Tunisienne du travail). Sa mission s’est achevée avec l’organisation des élections législatives et présidentielle en toute sécurité. Le gouvernement de Mehdi Jomâa n’est pas obligé de prendre la responsabilité pour entamer des négociations sur l’augmentation des salaires qui va mettre la Tunisie en faillite.
Selon le même rapport, la décision prise par le Chef du gouvernement de transférer le dossier des négociations sociales au prochain gouvernement est raisonnable. Cette responsabilité relève du ressort du prochain gouvernement et de la nouvelle Assemblée.

Meriem.Kh
 

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