Tunisie-Chronique : rendez-nous nos plages !

Le propriétaire d’un hôtel à Bizerte est allé se plaindre aux autorités compétentes que « sa » plage et le parking mitoyen à son établissement ont été réquisitionnés par un de ces squatteurs, dédaigneux des bons droits des gens, des lois et des institutions.

Notre plaignant déplore que rien n’ait pu être entrepris pour dissuader le ou les sieurs en question. Nous avons été sur les lieux et avons relevé qu’une trentaine de parasols ont été plantés au bord de l’eau, alors que, déjà, des préposés ont été assignés au parking pour rançonner les malheureux estivants venus faire trempette.
Outre les différents désagréments financiers qu’une telle entreprise entraîne pour l’hôtelier, le citoyen, pour sa part, se trouve odieusement racketté. Nous avions, sur ces mêmes colonnes, dénoncé ces pratiques observées l’an dernier, et appelé à les contrer. Hélas, les responsables abordés, tout en reconnaissant et déplorant le fait, laissent faire et détournent ostensiblement le regard. Le citoyen ne veut rien sinon profiter des dons naturels dont Dieu l’a doté et ne saurait être soumis au diktat de gens peu scrupuleux, escrocs et arnaqueurs, sous le regard fuyant des services chargés de protéger son droit et de faire respecter la loi. Nous rappelons également aux responsables de l’APAL (Agence de protection et d’aménagement du littoral) leurs déclarations relatives à leur détermination à « lutter contre ce phénomène » en appliquant la loi relative aux concessions temporaires des espaces destinés aux loisirs sur les plages de la région.
Déclarations qui semblent rester du domaine des vaines promesses et des engagements rompus, peut-être pour complaire à quelques privilégiés. Car, cette pratique semble être le fait d’une mafia qui a mis son dévolu sur une bonne partie des plages du gouvernorat, de Sidi Mechreg (Sejnane) à Ghar-El-Melh. Il est simplement inadmissible que pour un citoyen une baignade sur une plage publique revienne à une trentaine, voire à une cinquantaine de dinars. Il est tout aussi légitime que l’on se demande où se trouvent les associations de différentes luttes et pourquoi elles font vite de baisser pavillon et de laisser perpétuer une situation si extravagante.
Rendez-nous donc nos plages ! C’est le cri désespéré de milliers de citoyens qui voient leur pays passer sous la coupe d’autres arnaqueurs.

M.BELLAKHAL

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