Tunisie : grève ouverte des marchands de fruits et légumes du marché Bouchoucha à Bizerte

Les Bizertins ont été surpris en cette matinée du mardi 20 mai 2014 en allant faire leur marché au souk Slaheddine Bouchoucha des fruits et légumes.

Les commerçants étaient entrés en grève ouverte, ont-ils annoncé, aux clients médusés. Sans crier gare, en fait. Mais la menace était dans l’air dont les marchands n’en faisaient pas mystère. Ce faisant, ils entendent protester contre les promesses non tenues par les autorités municipales de procéder à la suppression des étals anarchiques qui prolifèrent dans les abords et aux alentours du marché, leur occasionnant un manque à gagner considérable. Ces commerçants arguent de leur statut légal de marchands patentés et créanciers des autorités municipales qui se doivent d’assurer l’organisation des espaces de commerce et ses occupants.
Il est un fait que ce commerce illégal ne dure pas d’hier. Des décennies d’occupation illicite du domaine public, sans sou délier, qui ont contribué à faire du centre-ville une véritable poubelle et un lieu de désordre indescriptible. Les commerçants de Bouchoucha ont beau appeler au dialogue, ils ont beau revendiquer une solution durable du problème, les différents conseils municipaux n’en ont eu cure. Une solution a semblé poindre, il y a de cela une bonne année consistant, selon une proposition communale à aménager le souk Sadkaoui pour y loger les commerçants des rues. Solution acceptée par tous. Cependant, les travaux n’ont jamais vraiment débuté.
Pour forcer la main aux autorités municipales, une association a entamé les travaux en levant des murs de cloisonnement dans ce qui devrait constituer des échoppes. Mais, coup d’arrêt brusque et inexplicable des travaux qui ont confirmé les « anarchiques » dans leur arrogance et accru les nuisances de toutes sortes provoquées par leur présence à une cinquantaine de mètres à peine de ce joyau antique qu’est le Vieux Port. Les commerçants légaux comptent poursuivre leur grève jusqu’à ce que les autorités prennent leur demande au sérieux et qu’ils se décident à la traiter. Pendant ce temps, les Bizertins seront, peut-être contraints pour leurs achats de se rabattre sur les marchés de banlieues ou les marchés des villes lointaines.

M. BELLAKHAL

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