Tunisie : la vérité sur le différend entre Ben Jeddou et Ridha Sfar

Le ministre délégué chargé de la sécurité nationale, Ridha Sfar, est revenu, jeudi 15 mai 2014, sur son différend avec le ministre de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou.

« L’Etat des lieux est qu’il y a un ministre de l’Intérieur et un ministre chargé de la sécurité. Lotfi Ben Jeddou a été maintenu dans son poste. Moi, j’ai été promu vu mon expérience dans le domaine de la sécurité. Chacun a sa propre vision dans la gestion des dossiers sécuritaires », a-t-il précisé.
Le ministre a également évoqué, dans une interview accordée à Mosaïque FM, la motion de censure dont il a fait l’objet, ainsi que la ministre du Tourisme, Amel Karboul, sur fond de l’entrée des touristes israéliens en Tunisie. « Cette motion de censure était une procédure normale dans l’exercice des fonctions de chaque ministre dans le gouvernement », a souligné M. Sfar, estimant qu’il a répondu clairement aux questions des députés.
Interpellé sur la création d’un pôle spécialisé dans la lutte contre le terrorisme, annoncée par le Chef du gouvernement, le ministre délégué a fait savoir qu’il s’agit d’un pole mixte entre les parties sécuritaires et judiciaires. Ce pole permettra une meilleure préparation pour l’affrontement des dangers qui guettent le pays et une meilleure interprétation, par des magistrats formés dans le traitement des dossiers liés au terrorisme, des risques et des sensibilités créées par ce genre d’affaires, ainsi que la révision de la législation dans ce domaine. « Dans les neuf mois qui viennent, la menace terroriste reste élevée, selon M. Sfar, Ceci nécessite une coordination optimale entre les services de renseignement et les unités sur terrain, d’où vient l’idée de la création de ce pôle ».
Ridha Sfar n’a pas manqué de souligner les efforts des unités sécuritaires tunisiennes, qui collaborent avec les autorités algériennes pour la lutte contre le terrorisme, notant qu’elles ont réussi plusieurs opérations préventives contre les terroristes qui se trouvent dans les régions frontalières avec ce pays voisin : « Les groupes qui se trouvent au Djebel Chaâmbi se comptent par des dizaines. Il y a des poches qui résistent, mais l’armée est parvenue à pénétrer dans les zones de retranchement des terroristes. Les terroristes sécurisent leurs camps en mettant des mines, c’est pourquoi il y a encore des mines qui explosent ».
Du côté des frontières avec la Libye, Ridha Sfar a affirmé que la situation est plus critique malgré les efforts considérables que fait le gouvernement libyen pour remettre l’ordre. Il a expliqué cette situation par l’existence des groupes terroristes en Libye, à l’instar d’Al Qaida et Ansar Al Chariaa tunisienne et libyenne, qui installent leurs camps d’entrainement dans les différentes régions libyennes. « Les efforts sont actuellement concentrés pour sécuriser les passages frontaliers surtout celui de Ras Jedir. Un système sécuritaire complet a été mis en place pour optimiser le travail de la douane et des unités sécuritaires sur place, et un programme sera également mis en place pour sécuriser les frontières tuniso-libyennes, à travers la création, dans un premier temps, d’une zone militaire fermée. De nouveaux matériels seront également fournis aux postes avancés de la Garde nationale », a-t-il ajouté.
En ce qui concerne l’affaire des fonctionnaires de l’ambassade de Tunisie enlevés à Tripoli, le ministre délégué a refusé de donner des détails, soulignant que des négociations sont en cours avec les parties officielles libyennes, ainsi qu’avec les ravisseurs pour la libération des Tunisiens. « Pour nous, les négociations se font avec les parties officielles libyennes qui ont leurs méthodes pour entrer en contact avec les ravisseurs. Il n’y a pas de négociations avec des terroristes », a-t-il conclu.

Amani.B

 

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