Tunisie : faire face aux multinationales afin de sauver l’emploi

Depuis, plusieurs décennies, le poids des firmes multinationales dans l’économie mondiale ne cesse de progresser. La mondialisation des firmes est un processus en trois étapes avec l’internationalisation des flux commerciaux, l’implantation à l’étranger et la globalisation des firmes et de l’économie.

En Tunisie, leur nombre ne cesse d’augmenter. Ces multinationales jouent-elles un rôle d’accompagnement du progrès social ou bien jouent-elles au contraire, concrètement, un rôle négatif, en alimentant des craintes de déplacement de leurs chaînes d’approvisionnement vers de nouveaux pays offrant une main d’œuvre moins remuante et moins exigeante ?

 

Houssine Abassi, secrétaire général de l’UGTT, a précisé, lors de l’ouverture du séminaire sur la situation politique et sociale des sociétés multinationales allemandes implantées en Tunisie organisé à Hammamet les 8 et 9 avril par Friedrich Ebert en collaboration avec la Fédération générale de la métallurgie et de l’électronique et la Fédération de Métallurgie allemande IG Metal, que ces firmes cherchent à s’implanter toujours dans des pays où le mouvement syndical est faible voire inexistant et ceci pour bénéficier d’une main d’œuvre moins chère et fuir l’application de la législation du travail.
Ces sociétés ont la sourde oreille aux revendications des travailleurs pour le respect du droit de grève et l’application des lois nationales et des conventions de l’OIT. Elles peuvent ainsi profiter d’un cadre juridique extrêmement flou et délocaliser ses activités dans d’autres pays. C’est pour qui nous devrons renforcer l’obligation de transparence des multinationales en matière d’impacts sociaux, environnementaux et de droits humains. Nous devrons aussi faire face à ces irrégularités.

Les syndicats devront s’unir pour protéger l’action syndicale et défendre les droits des travailleurs. Une bonne collaboration avec les syndicats allemands est souhaitable voire nécessaire pour offrir à nos ouvriers un climat social sain. Claudia Rahman, chargé des relations internationales à la Fédération de métallurgie allemande IG Metal, a appelé à instaurer un réseau de syndicats pour faire face à ces multinationales en vue de sauvegarder les emplois.
Le secrétaire général de l’UGTT a annoncé, en outre, la reprise prochaine des négociations en vue d’activer les accords conclus auparavant avec les parties gouvernementales concernant la majoration salariale pour les fonctionnaires dont le pouvoir d’achat s’est détérioré dans un contexte économique difficile.

M.Y

Photos : Rached Berrazaga

 

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