Tunisie : démagogie et langue de bois

Certains partis ont célébré ce 3ème anniversaire de la Révolution selon une optique fort pragmatique et plutôt réaliste : entamer d’ores et déjà leur campagne électorale.

A Bizerte, Abdellatif Mekki (Ennahdha), Mohamed Goumani (réforme et développement), Rabii El Abdi (Wafa) et Tarek Kahlaoui (CPR) ont présidé un meeting lors duquel aucune intervention n’a réussi à échapper à un populisme démagogique ni à s’élever au-dessus des considérations politicardes. Chacun des « leaders » de ces partis au pouvoir et leurs affidés a cherché l’adhésion de l’assistance, laquelle était visiblement venue pour se délecter d’un discours soigneusement édulcoré. L’opposition, dont nous connaissons parfaitement les torts et travers, a été tout simplement et systématiquement descendue en flamme, tandis que « le meilleur gouvernement de l’histoire de la Tunisie contemporaine » a accompli ce qu’aucun autre gouvernement antérieur n’a réussi à accomplir. Propos enflammés et longuement applaudis par une assistance conditionnée qui nous rappelle, à s’y méprendre, les discours d’un temps révolu.
Ainsi M. Goumani a fustigé ce qu’il a nommé les criminels politiques qui cherchent à « vider la Révolution de son essence et à reproduire le même système », appelant à garder les yeux ouverts pour que les objectifs de la Révolution ne soient pas détournés de la voie juste.
Quant à M. El Abdi, il a tout simplement rabâché cette revendication qu’il qualifie de populaire d’ouvrir les archives de la police politique pour une reddition de compte de « ceux qui ont opprimé le peuple ».
Pour M. El Mekki, il existe toujours une politique de diabolisation des partis militants (ceux de la troïka, ndlr) qui ont axé leur travail, a-t-il dit, sur une lutte acharnée contre la corruption et le clientélisme et qui, à défaut de les éradiquer a réussi à en limiter les effets. Le nahdhaoui a appelé les électeurs à s’exprimer pour ceux qui articulent leurs programmes autour de cette lutte qui porte un coup à l’économie nationale.
M. Kahlaoui, pour sa part, s’est montré plus royaliste que le roi en rapportant des chiffres faramineux dédiés au développement des régions intérieures que l’opposition cherche à occulter, indiquant que la moitié desdits budgets de développement n’ont pas pu être dépensés à cause des lenteurs d’une administration qui doit être réformée, à l’instar d’autres institutions.
Langue de bois quand tu nous tiens !

M. BELLAKHAL
 

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